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Mai 68 a donné lieu, on l'a dit, à une avalanche d'essais. On aurait dépassé les 200 publications au dernier comptage. Chacun s'est efforcé de cerner le sens de l'évènement, 40 ans après les faits. J'ai fait part sur mon blog d'un sentiment de trop-plein. Mais au-delà du sens à leur découvrir, reste qu'avec le recul, les « évènements » se confondent, pour nombre d'entre nous, avec la jeunesse elle-même. Il aurait été étonnant que cette scène primitive de la génération du Baby Boom n'inspire pas aussi les romanciers. Les « évènements » eux-mêmes ayant présenté une importante dimension verbale, on conçoit que le traitement proprement littéraire soit peut-être mieux à même de restituer sa vérité à notre révolution avortée que les essais historiques ou sociologiques. Qui n'a rêvé d'administrer aux baby-boomers une bonne « éducation sentimentale » sur le modèle de Flaubert ? Beaucoup s'y sont essayé cette année. Il faudrait citer ici Didier Daeninckx, pour « Camarades de classe », « le jour où mon père s'est tu » de Virginie Linhart, formidable témoignage de la génération suivante. D'autres n'avaient pas attendu les cérémonies du 40° anniversaire. En 1996, Jean Rolin avait obtenu le Médicis avec « L'Organisation », qui reste l'un des meilleurs témoignages disponibles sur le petit monde des « maos » de la Gauche Prolétarienne. Les romans sur 68 oscillent entre le registre de la confession intime et celui du roman historique à thèse. Les premiers narrent une initiation. On pense à Chantal Thomas et à ses « Cafés de la mémoire ». Les seconds plongent dans la grande histoire, explorant en particulier le registre des complots mondiaux où les « enragés » ne figurent plus que sous l'aspect de pauvres marionnettes - voir « 68, mon amour » de Daniel Picouly. Mais ce sont trois romanciers que je n'ai pas encore cité que nous recevons, pour notre dernière émission de la saison.

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Brice Couturier
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