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La crise commence à présenter la facture. Du côté de l'emploi, on estime à 412 000 le nombre d'emplois détruits au cours de l'année 2009 dans le secteur marchand français. 66 000 sociétés ont été mises en faillite, un record. De nombreuses entreprises délocalisent, en quête de nouveaux marchés... ou de pays d'implantation plus attractifs. Selon un rapport récent du Conseil d'analyse économique, ce mouvement inquiétant s'accélère : « il y a eu 14 fois plus d'investissements français à l'étranger en 2008 que d'investissements étrangers entrant en France ». Or il existe justement un secteur qui continue à générer à la fois des emplois, et de nouvelles manières de travailler ensemble. Je veux parler de cette nébuleuse qu'on appelle l'économie sociale. Ce tiers secteur prend des formes juridiques variées : associations, mutuelles, coopératives. Même s'il accompagne une tendance générale à la tertiarisation de l'économie, et se remarque de plus en plus dans les services relationnels, il est loin de ne concerner que les services à la personne et concerne des activités comme l'environnement, les biotechnologies, le bâtiment ou encore le médico-social. Le premier atout de ces activités est d'être en général non délocalisables. Répondant à un besoin local, ces entreprises, associations, coopératives, etc. sont ancrés dans un territoire. Le second, c'est de permettre de redécouvrir les valeurs de solidarité. Secteur marginal, pense-t-on généralement. Pas si sur : entre 10 et 12 % des salariés de ce pays en relèveraient, soit 1 600 000 personnes. Avec la crise, on redécouvre donc les vertus de l'économie sociale. Contrairement à ce qu'on croit, le tiers secteur ne relève pas du compassionnel, ni de l'assistance. Il tend à se professionnaliser ; d'où un risque de banalisation. Mais dans la mesure où il pallie certaines carences des services collectifs et mobilise des « ingénieurs sociaux », issus le plus souvent de l'administration, n'est-il pas également menacé de bureaucratisation ?

Références

L'équipe

Julie Clarini
Production
Brice Couturier
Brice Couturier
Brice Couturier
Production
Avril Ventura
Collaboration
Francesca Fossati
Collaboration
Mathieu Sarda
Collaboration