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La Cour des comptes avait déjà fait montre d'une certaine sévérité à l'égard de la tarification à l'activité. Elle n'est pas en reste dans son dernier rapport alors que la mise en place de ce nouveau système est arrivée à mi-parcours : le principe est simple : les établissements de soins sont rémunérés non plus par une enveloppe globale, comme auparavant, mais en fonction de l'activité réelle des soins : le nombre de diagnostics portés et d'actes effectués pour chaque patient. L'objectif, outre la dynamisation des recettes, était d'organiser à terme la convergence des établissements publics et privés sur la base : prestation identique, tarif identique. Le problème, explique la Cour des comptes, c'est qu'aujourd'hui la « T2A » est devenue « un dispositif opaque pour les gestionnaires », autrement dit tout le contraire de son objectif initial. Ainsi, un calcul aussi simple que le taux de couverture des charges par les tarifs est devenu quasiment hors de portée. En revanche la T2A a eu des conséquences bien réelles sur le moral du personnel hospitalier. L'obligation de faire entrer chaque acte médical dans une codification complexe a accentué le sentiment d'une pression financière. Certaines pathologies sont devenues rentables, - elles sont d'ailleurs souvent captées par les cliniques privées-, d'autres se sont révélées terriblement peu lucratives. Une nouvelle forme de concurrence s'est insinuée entre les services. Hier, le quotidien Libération consacrait une double page au malaise des soignants de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Nous en sommes au coeur, dans cet immense hôpital qu'est la Pitié-Salpétrière, au coeur de l'AP-HP qui a aussi été le berceau du Mouvement de défense de l'hôpital public. Alors la T2A mérite-elle que l'on sorte contre elle les défenses immunitaires ? Remède ou virus ?

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L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration