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C'est en cette fin d'après-midi que le président de la Fédération protestante de France, Claude Baty, devait rencontrer le chef de l'Etat pour comprendre les raisons de ce qu'il juge être une marginalisation de la Cimade. La Cimade était jusqu'alors la seule association présente dans les centres de détention, chargée d'une mission d'accompagnement et de défense des droits des étrangers contraints de quitter le territoire. Chaque année elle en faisait un bilan plutôt critique des conditions de rétention faites aux étrangers en situation irrégulière sur le territoire français. C'est pourquoi la décision du précédent ministre de l'Immigration Brice Hortefeux d'ouvrir la mission à la concurrence est interprétée comme une forme de sanction qui aura pour conséquence d'émietter les responsabilités et de rendre les bilans plus difficiles, sans compter qu'elle oblitèrera le principe d'une égalité de traitement sur tout le territoire. Pourtant la Cimade fait bien son travail. De nombreuses associations s'en d'ailleurs déclarées solidaires ainsi que des parlementaires de droite comme de gauche. Pour preuve de son sérieux, s'il en fallait, elle avait prévenu les autorités publiques de la situation extrêmement tendue que vivait le centre de rétention de Vincennes quelques jours avant son incendie, en juin dernier...mais pourquoi justement cette situation extrêmement tendue ? - c'est ce qui retiendra notre attention-. Pourquoi ces grèves de la faim, ces automutilations, ces tentatives de suicide, qui sont de plus en plus nombreux à être signalés ? Parce que l'on assiste, écrit la Cimade, tout bonnement, à une industrialisation de la rétention. Faut-il contester ce constat ? En tirer les conséquences et multiplier les centres en espérant les rendre décents ou remettre en cause une politique d'éloignement qui se bâtit sur des chiffres ?

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Brice Couturier
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