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Le débat sur la mondialisation n’est pas nouveau. L’altermondialisme est un mouvement qui a déjà connu flux et reflux. Mais les questions que nous pose la globalisation de l’économie semblent pouvoir être posées à nouveaux frais à la lumière de la crise financière de 2008. Nul ne peut contester que sans le niveau d’interdépendance que nous connaissons, jamais la crise locale des subprimes aux Etats-Unis n’aurait dégénéré en une crise du système bancaire planétaire qui a failli ruiner les économies des pays du Nord. En outre, l’altermondialisme a clairement échoué à imposer l’inflexion correctrice et redistributrice qu’il imaginait. D’où, dans une partie de la gauche, le retour au mot d’ordre beaucoup plus radical de la « démondialisation ».

De quoi s’agit-il ? D’une politique de relocalisation des activités, protégées par de hautes barrières douanières, assortie d’un contrôle des changes, dans le but de restaurer l’autorité de l’Etat sur la production et les échanges. Faisant le constat que l’Etat-nation reste le seul cadre connu dans lequel puisse s’exercer le contrôle démocratique, une partie de la gauche radicale ou pas, de Jean-Luc Mélenchon à Arnaud Montebourg, est en train de se rallier à un programme clairement souverainiste. Cela inquiète une partie des altermondialistes historiques. Ainsi, des membres du Comité scientifique d’Attac dénonçaient récemment, dans une récente tribune collective sur Médiapart, les rapprochements que le slogan de « démondialisation » autorisent désormais entre gauche et droite.

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Le Front National, lui aussi, prône désormais la démondialisation une partie de l’extrême-droite intellectuelle le faisait depuis longtemps. Mais Marine Le Pen en tire franchement la conclusion programmatique d’une sortie de l’Euro.

Force est, en effet, de constater que le débat autour de la mondialisation est en train de redistribuer les cartes du jeu politique selon des configurations qui transcendent largement le clivage droite/gauche. D’où le malaise perceptible des intellectuels favorables au « protectionnisme de gauche » (Emmanuel Todt, Jacques Sapir, Bernard Cassen) ils auraient bien aimé que ce soit le PS qui reprenne leurs thèses ils souffrent de constater que c’est le Front National.

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L'équipe

Brice Couturier
Brice Couturier
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Production
Louise Tourret
Louise Tourret
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Production
Luc-Jean Reynaud
Réalisation
Avril Ventura
Collaboration
Nathalie Lempereur
Collaboration
Francesca Fossati
Collaboration