France Culture
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Avec
  • Philippe Mary sociologue
  • Serge Le Péron réalisateur, scénariste, enseignant et responsable du Master Cinéma et Audiovisuel à l’Université Paris-VIII et animateur du collectif Cinélutte
  • Stéphane Goudet Critique et historien de cinéma, maître de conférences en cinéma à l’université de Paris I et directeur artistique du cinéma Le Méliès à Montreuil

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Philippe Mary, Stéphane Goudet, Serge Le Péron
Philippe Mary, Stéphane Goudet, Serge Le Péron
© Radio France

C’est peut-être l’hiver. Du moins, ce qui l’annonce : l’arrivée des premiers froids, qui fait qu’on a envie de se blottir les uns contre les autres, tous ensemble, bien au chaud. C’est peut-être la crise et ses gros sabots. Une façon de s’en protéger, d’exorciser la rigueur -qui angoisse-, par le rire -qui libère. C’est peut-être parce qu’on a envie d’y croire, à cette histoire de Cendrillon, où la jeune fille pauvre est remplacée par un gaillard des cités, et le prince charmant par un millionnaire en fauteuil. C’est peut-être pour toutes ces raisons qu’Intouchables est devenu en quinze jours seulement le phénomène de société du moment : plus de 5 millions d’entrées pour ce film, au demeurant fort réussi sur le plan cinématographique : mise en scène, dialogues, jeu des acteurs.

On a envie d’y croire à cette histoire, et on est tenu d’y croire, puisque c’est une histoire vraie. Mais une histoire qui raconte quoi ? Que les méchants, dans la vraie vie, n’existent pas ? Que l’argent, pour peu qu’on en ait beaucoup, suffit à faire le bonheur ?

Non, l’argent ne fait pas le bonheur. Il cause même bien du malheur à Michel et Marie-Claire, les deux personnages principaux des Neiges du Kilimandjaro , le dernier film de Robert Guédiguian. Michel et Marie-Claire, couple de quinquagénaires, le cœur à gauche, militants depuis toujours, confrontés à une nouvelle forme de lutte des classes : quand les prolétaires se font la guerre entre eux. Le film, sorti hier (et dont on ne dévoilera pas les principaux ressorts) fait d’abord le constat de l’impasse dans lesquelles se trouvent aujourd’hui les luttes collectives. Et propose une riposte : la bonté à l’échelle individuelle, la compassion comme planche de salut.

Intouchables , Les neiges du Kilimandjaro : deux films, et il y en a d’autres ces derniers temps, qui prennent le parti de la générosité plutôt que celui de la révolte. Paradoxe a priori surprenant en temps de crise.

Peut-on faire de bons films avec de bons sentiments ? Et peut-on encore faire de bons films sans bons sentiments ?

Mériam Korichi
Mériam Korichi
© Radio France

Ecoutez le contrepoint de Julie Gacon. Mériam Korichi , chercheuse en éthique contemporaine et dramaturge, développe les dimensions psychologique, sociale, et politique des bons sentiments.

contrepoint bons sentiments internet

10 min

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