Peut-on penser la post-humanité autrement qu'inhumaine ?

France Culture
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Que restera-t-il en effet de nous tels que nous sommes, « humains, trop humains », quand les perspectives ouvertes par le clonage et l'utérus artificiel auront supprimé la naissance, quand la maladie sera tenue à distance par les progrès de la nanomédecine et des biotechnologies, et quand enfin la grande Faucheuse ne nous fera plus peur car des matériaux inaltérables permettront de télécharger nos consciences ? Eh bien, certainement le meilleur de nous-mêmes, nous serons enfin délivrés de notre enveloppe charnelle ; nous en aurons fini avec les discours essentialistes ; finies avec les catégories stigmatisantes, les idées reçues sur les femmes, les noirs, les beaux, les petits...Quelle libération ! Paradoxalement, notre espèce humaine aura prouvé sa supériorité au moment même où elle cessera d'exister comme espèce ; quand nous aurons fait exploser les barrières de la biologie pour flirter avec la frontière incertaine entre l'homme et la machine. Oui, mais à ce stade, serons-nous toujours humains ? Cette post-humanité que les progrès techniques dessinent s'accommodera-t-elle des valeurs qui sont les nôtres aujourd'hui ? Ou marquera-t-elle d'obsolescence nos convictions sur la vertu cardinale du libre arbitre et celle de l'égale dignité des individus ? C'est à penser maintenant cet avenir que nous enjoint le livre de Jean-Michel Besnier. Qui pose bien sûr plus d'une question : la post-humanité est-elle inéluctable ? Faut-il s'y préparer ou y résister ?

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