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Lors de la dernière cérémonie élyséenne des voeux de fin d'année, le président nouvellement élu a surpris son monde en faisant allusion à une « politique de civilisation » qu'il entendait, disait-il, promouvoir. Quelques jours plus tard, au cours de sa conférence de presse de janvier 2008, il précisait ce qu'il entendait par là. Il faut à la politique « un idéal humain ». Elle ne saurait se limiter à la bonne gestion. Une telle politique s'avère nécessaire, justifiait-il, « quand il faut rétablir des normes, des critères, des repères ». Pour le résumer, une politique volontariste de restauration des valeurs, successif à un diagnostique implicite de détricotage en cours du tissu social. Comme souvent avec le chef de l'Etat, cette proposition a pris de cours les commentateurs, sans doute insuffisamment informés de l'importance de telles thématiques dans de nombreux pays développés. Le « discours sur les valeurs », la recherche des « valeurs communes », susceptibles de refonder le pacte social ébranlé dans le cadre de sociétés multiculturelles, est en effet un lieu-commun de la politique travailliste en Grande-Bretagne, par exemple. (Cf. David Goodheart, directeur de Prospect) Mais ces mêmes commentateurs se sont finalement souvenus qu'ici même, en France, deux intellectuels de poids, Edgar Morin et Sami Naïr, avaient appelé, en 1997, à une « politique de civilisation » dans un essai qui prend soudain une dimension prophétique pas vraiment voulue par ses auteurs . De là à soupçonner le « speechwriter » favori de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, habitué, comme Sami Naïr ou encore Max Gallo, du cercle Phares et Balises, d'avoir comblé une panne d'inspiration en recourant à une idée discutée au sein de ce cénacle, il n'y a qu'un pas. Toujours est-il que l'occasion a ainsi été donnée à l'un des concepteurs de cette fameuse « politique de civilisation », Sami Naïr, de confronter sa propre vision, républicaine, avec celle du président de la République, démocrate - pour emprunter à la fameuse typologie de Régis Debray. L'essentiel de ce débat se joue autour du rôle que peuvent jouer les religions en tant que ressources identitaires dans les sociétés multiculturalistes. Or c'est précisément un sujet auquel s'attaque Yves Roucaute dans son dernier livre, « Vers la paix des civilisations ». Pour ce libéral-conservateur assumé, la réponse à la question soulevée par Sarkozy : les totalitarismes proviennent-ils d'un excès ou d'une insuffisance de religion ? est évidente. Le « retour de la spiritualité », autrement dit le regain religieux en cours à travers le monde ne peut que mettre un terme au relativisme qu'il déplore. Nous vous proposons, cet après-midi, un face-à-face entre deux esprits que tout semble opposer.

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration