France Culture
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Aux Etats-Unis, 25 % des sociétés créées au cours des 15 dernières années et cotées en bourse ont pour fondateur(s) un immigré. Un quart. C'est particulièrement vrai dans les secteurs de pointe, où ce taux s'élève à 40 %. Les Américains peuvent se féliciter d'avoir donné leur chance à ces immigrés - qui viennent souvent d'Europe, comme Pierre Omidyar, le fondateur d'eBay. Sur les 400 000 emplois générés en 2005 par ces sociétés créées, aux Etats-Unis, par des immigrés, 245 000 ont pour fondateur un Européen. Généralement, lorsqu'on prend la décision, lourde et douloureuse, de quitter son pays et d'aller installer sa famille dans un nouvelle contrée, c'est qu'on estime impossible de se dessiner un avenir parmi les siens ; c'est qu'on estime donner de meilleures chances de réussite à ses enfants en rangeant sa vie dans des valises et en s'en allant. Qu'en est-il de la France à cet égard ? Ceux et celles qui nous ont choisi pour destination peuvent-ils raisonnablement estimer avoir pris la bonne décision ? Les chiffres les plus récents publiés par l'INSEE pourraient en faire douter. Seuls, 57 % des immigrés en âge de travailler et arrivés en France après l'âge de 18 ans ont un emploi - contre 69 % chez les non-immigrants. Ils sont deux fois plus nombreux que les non-immigrés à pointer au chômage (12 ,7 % contre 6,2 %). Et surtout, ceux qui sont dans l'emploi sont massivement cantonnés dans activités non qualifiées et donc mal payées. Qu'en est-il lorsqu'on observe la génération suivante, celle des enfants d'immigrés ? Le désir de mobilité sociale, de réussite des parents est-il exaucé et dans quelle mesure ? Le livre de Claudine Attias-Donfut et François-Charles Wolff donne des réponses bien plus optimistes que celles qui sont généralement véhiculées. Est-ce à dire que la France est capable de donner toute leur chance aux talents ? Dans un système de sélection sociale qui passe pour méritocratique et où le diplôme constitue le sésame obligé de toute ambition, comment fait-on pour intégrer Polytechnique ou l'ENA, quand on est né d'un père sénégalais ouvrier et sans qualification ?

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration