France Culture
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Résumé

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avec :

Anne-Sophie Chambost (historienne du droit et professeure des universités à Science Po Lyon), Edouard Jourdain.

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La pensée de Proudhon, dont on célèbre le deux-centième anniversaire cette année, semble faire l'objet d'une redécouverte. Le grand rival de Marx au sein du mouvement ouvrier de leur temps, semble émerger d'une bien longue éclipse. On aurait pu s'attendre à ce que la défaite du socialisme autoritaire, il y a vingt ans, remette au goût du jour le théoricien de la libre association des travailleurs, l'ennemi déclaré de toute autorité, de toute contrainte et de toute coercition, l'adversaire des idéologies sectaires. Pourquoi alors ce long purgatoire ? Parce que cet ennemi de l'Etat se méfiait de la politique et des politiciens, qu'il jugeait inaptse à résoudre la question sociale, alors que la gauche française s'est construite sur l'alliance des républicains et des socialistes ? Est-ce en raison du caractère ambigu de sa postérité - qui compte des socialistes libertaires, mais aussi les proto-fascistes du Cercle Proudhon ? Quant à sa résurrection actuelle, elle est tout aussi ambiguë, puisque le théoricien de l'anarchisme est invoqué à la fois par les critiques les plus radicaux du capitalisme et par les libéraux les plus extrémistes. Pourtant, la pensée de Proudhon pourrait retrouver une singulière actualité : théoricien du crédit gratuit et fondateur d'une Banque du Peuple mutualiste, il est permis de voir en lui l'ancêtre du micro-crédit. Sa conception de la justice comme ensemble de droits à actualiser peut le rapprocher de John Rawls comme d'Amartya Sen. Sa critique des potentialités autoritaires et sectaires du marxisme anticipe Orwell et Camus. Bref, Pierre-Joseph Proudhon mérite peut-être le détour. 

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration