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La crise n'a pas débouché sur le Grand Soir attendu par certains. Même pas sur l'explosion de colère sociale prédite par les médias. Et pourtant, les comportements extravagants des milieux qui ont provoquée, n'ont pas changé. Trop grandes pour tomber, les banques ont été renflouées par une politique de crédit à taux zéro et des injections d'argent public colossales que les contribuables seront appelés à payer un jour ou l'autre. Et cependant, l'industrie de la finance continue à narguer les Etats qui l'ont sauvée du grand plongeon. Est-elle donc si assurée de sa victoire qu'elle ait cessé de redouter la moindre tentative de régulation, nationale ou internationale ? Le bras de fer récemment engagé par le président Obama avec Wall Street au nom de « Main Street » n'est pas terminé. Mais chez nous, en France, en Europe, le moins qu'on puisse dire, c'est que la gauche n'a pas jusqu'à présent fourni une théorie globale de la crise, de ses origines et des moyens d'en empêcher le retour. C'est pourquoi on appréciera à sa juste valeur la proposition faite par Jacques Julliard dans Libération, la semaine dernière. Face à ce qu'il analyse comme un « nouveau capitalisme », financiarisé et spéculatif, l'éditorialiste du Nouvel Observateur appelle à « un grand rassemblement populaire » dont les principales centrales syndicales pourraient prendre l'initiative. Il donne congé à la fois à la tentation révolutionnaire et à la deuxième gauche dont il fut pourtant l'un des principaux théoriciens. Il appelle de ses voeux une nationalisation du secteur bancaire. Simultanément, « Philosophie Magazine » consacre un dossier au socialisme, dont il ressort que l'idéologie, sacrificielle, serait à la fois en décalage avec l'air du temps et trop liée à l'âge productiviste pour pouvoir épouser le tournant écologiste. La gauche socialiste doit-elle renouer avec les catégories populaires - éternelle question...

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L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration