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Les majorités les plus courtes sont les meilleures. On peut donc avoir des ambitions très modestes ( s'il vous plaît, faites juste en sorte que nous ne soyons pas écrasés) et s'en sortir avec une bonne surprise : 227 députés pour la gauche, un meilleur score qu'en 2002. L'humilité est peut-être une carte à jouer en politique. Plus sérieusement, gageons que ces résultats qui contrarient toutes les prédictions seront mis sur le compte de la légèreté du corps électoral français ou de celle des sondeurs eux-mêmes. Quoi qu'il en soit, il est aujourd'hui évident qu'une partie de la question du contre-pouvoir trouvera sa réponse dans l'activité du Parlement, si les députés s'en donnent la peine. Il reste que le nouveau gouvernement a bien la majorité suffisante, à l'Assemblée et (rappelons-le) au Sénat, pour mener sa politique. Il a surtout donné à voir une nouvelle pratique du pouvoir, plus personnalisée, et - on lui a déjà eu l'occasion de lui reprocher- des amitiés parmi les patrons de presse ou de l'audiovisuel. Il y a donc bien une nouvelle équation, l'équation Sarkozy - d'autant plus inédite que, par le jeu des nominations, la majorité politique domine aussi les instances de contrôle que sont le Conseil Constitutionnel, et le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel. Il y a quelques jours, un invité que nous laisserons prudemment dans l'anonymat nous disait que le dernier contre-pouvoir de notre République se nommait : Jean-Louis Debré ! Le président du Conseil Constitutionnel.....De quoi sourire ou s'effrayer car en temps de large majorité, la seule limite au pouvoir est le respect de la Constitution, et c'est le Conseil qui en a la charge. Bien sûr il reste le 4ème pouvoir, la presse, mais si contesté que c'est aujourd'hui un titre à regagner. Les médias sont trop fragiles, ployant facilement sous la bourrasque, comme l'ont prouvé certaines affaires récentes. Ajoutons qu'aujourd'hui même se confirme le rachat des Echos par le groupe de Bernard Arnault - témoin de mariage de Nicolas Sarkozy- tandis que la stratégie du Monde, en crise de succession, dévient de plus en plus illisible. Confusion des rôles, concentration, inquiétude sur la protection des sources, la tourmente qui emporte les uns fait sans doute la tranquillité des autres. Il y a urgence néanmoins pour les médias français à retrouver l'indépendance et la légitimité seyant à une véritable démocratie.

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Brice Couturier
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