Prière funéraire en l’hommage de Jamal Khashoggi, le 16 novembre 2018 à Istanbul. Le journaliste saoudien a été tué et démembré au consulat d'Arabie saoudite en Turquie, le 2 octobre. ©Sipa - BULENT KILIC
Prière funéraire en l’hommage de Jamal Khashoggi, le 16 novembre 2018 à Istanbul. Le journaliste saoudien a été tué et démembré au consulat d'Arabie saoudite en Turquie, le 2 octobre. ©Sipa - BULENT KILIC
Prière funéraire en l’hommage de Jamal Khashoggi, le 16 novembre 2018 à Istanbul. Le journaliste saoudien a été tué et démembré au consulat d'Arabie saoudite en Turquie, le 2 octobre. ©Sipa - BULENT KILIC
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Résumé

Mise en cause dans l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, la monarchie saoudienne se retrouve isolée. Son grand rival, l’Iran, est lui aussi affaibli, en raison des sanctions américaines. Cette nouvelle donne diplomatique peut-elle faire avancer les dossiers de la guerre au Yémen et en Syrie ?

avec :

Dorothée Schmid (Chercheuse, responsable du programme Turquie contemporaine et Moyen-Orient de l'IFRI), Agnès Levallois (Maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, vice-présidente de l'iReMMO (Institut de Recherche et d'études Méditerranée Moyen-Orient)), Ardavan Amir-Aslani (Avocat et essayiste, spécialiste du Moyen-Orient).

En savoir plus

Au Yémen, la fin de la guerre n’est pas encore là, mais au moins cette perspective parait désormais crédible. Selon le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, une solution est "sur la table" pour mettre un terme à ce conflit qui a fait plus de 10 000 morts depuis 2015. Des consultations de paix devraient avoir lieu en Suède d’ici la fin de l’année. Si les choses semblent en mesure d’évoluer de manière positive au Yémen, c’est parce que le contexte diplomatique est soudainement devenu plus favorable.

L’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul, a isolé les Saoudiens. Le prince héritier, Mohamed Ben Salmane, n’est plus présenté comme un modernisateur, mais comme un dictateur.

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Le grand rival de l’Arabie Saoudite, l’Iran, devrait profiter de cette situation. Mais les Iraniens sont eux aussi mal en point depuis que les Etats-Unis ont décidé de leur appliquer à nouveau des sanctions, après être sortis de l’accord sur le nucléaire. A Téhéran, les ressources viennent à manquer.

"Qui a les cartes en main au Moyen-Orient ?"

Extraits de l'émission :

Ardavan Amir-Aslani : 

"L'Amérique produit plus de pétrole aujourd'hui que l'Arabie Saoudite et exporte plus que les Émirats arabes unis à l'étranger. Qu'est ce qui explique la fixation des américains sur le cas iranien ? Cette fixation fait que l'Amérique ferme les yeux sur des choses sur lesquelles, d'ordinaire, elle n'aurait pas fermé les yeux. C'est pour ça que je pense que Mohammed ben Salmane est en train de devenir le prochain Saddam Hussein de la région."

Dorothée Schmid : 

"L'Iran est un pays qui a de vrais éléments de puissance en matière de ressources naturelles, en matière de démographie ou de superficie qui en font une puissance absolument incontournable. L'Iran devient le centre de gravité de tout ce qui va se passer au Moyen-Orient."

Agnès Levallois : 

"Sans relations apaisées entre l'Arabie Saoudite, les pays du Golfe, et l'Iran , il n'y aura pas de stabilité dans la région. Je trouve ça très bien que la France et l'Europe essayent de maintenir le dialogue avec l'Iran et de faire en sorte que les sanctions ne soient pas complètement appliquées mais force est de constater que l'Europe n'a pas les moyens d'imposer cette politique."

Articles : 

L'article à lire pour comprendre la guerre au Yémen, "pire crise humanitaire au monde" : par Anne Brigaudeau pour France TV Info, le 20/11/2018.

Au Proche-Orient, la stratégie saoudienne dans l’impasse : par Gilbert Achcar pour Le Monde Diplomatique, en mars 2018.

Tribunes :

Plus qu’un conflit entre Riyad et Téhéran, une guerre aux racines internes: par Christophe Chabert pour Libération, le 13/11/2018.

Liens :

Colloque « Monde Arabe et diplomaties parallèles » : 6e Colloque annuel du Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient (CCMO), le 21 novembre 2018 à l’Hôtel de ville de Paris – 4e arrondissement. 

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Antoine Dhulster
Collaboration
Antoine Tricot
Production déléguée
Virginie Le Duault
Collaboration
Fanny Richez
Collaboration
Alexandre Fougeron
Réalisation