RSA : le travail, y'a que ça de vrai ?
RSA : le travail, y'a que ça de vrai ? ©AFP - PHILIPPE HUGUEN
RSA : le travail, y'a que ça de vrai ? ©AFP - PHILIPPE HUGUEN
RSA : le travail, y'a que ça de vrai ? ©AFP - PHILIPPE HUGUEN
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Le RSA aura bientôt 10 ans. Ce dispositif, censé favoriser le retour vers l’emploi et limiter la pauvreté, ne fait pas l’unanimité. Les appels se multiplient pour conditionner son accès à des contreparties, comme inciter son bénéficiaire à rendre des services à la collectivité. Quel bilan tirer ?

Avec
  • Stéphane Carcillo Economiste, Chef de la Division Emploi et Revenus à l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques chercheur associé à Sciences Po
  • Daniel Le Guillou vice-président de l’entreprise à but d’emploi Actypoles-Thiers (Puy-de-Dôme) et chargé de la capitalisation au sein de l’association "Territoires zéro chômeur de longue durée"
  • Anne Eydoux Maîtresse de conférences d’économie au Cnam, chercheuse au Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) et au Laboratoire interdisciplinaire de sociologie économique (Lise), membre des Economistes atterrés

Le RSA aura bientôt 10 ans. Le 1er juin 2009, le revenu de solidarité active, dispositif imaginé par Martin Hirsch, est généralisé à l’ensemble du territoire. Il remplace le RMI et s’accompagne d’une double promesse : aider ceux de ses bénéficiaires qui sont au chômage à retrouver plus facilement un emploi ; inciter ceux qui en ont déjà un, mais avec des revenus très modestes, à ne pas arbitrer en faveur d’une inactivité supposée plus rémunératrice.

Comme tous les dispositifs imaginés en France dans le cadre du chômage de masse, celui-ci n’a pas entièrement convaincu. L’accompagnement vers l’emploi laisse à désirer : le montant du RSA, auquel est venu s’ajouter la prime d’activité, reste à des niveaux très bas, tandis que celui du non-recours reste élevé, environ un potentiel bénéficiaire sur trois n’en fait pas la demande, par ignorance ou du fait de la complexité.

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Il y a deux ans, le mouvement ATD Quart Monde lançait une expérimentation en renversant la logique : Territoire Zéro chômeur. Le principe : s’appuyer sur les compétences des demandeurs d’emploi, et sur les services non-fournis dans une zone donnée pour créer des postes financés avec le montant des aides sociales. Une expérimentation qui a vocation à être étendue.

« RSA, Zéro chômeur : le travail, y a que ça de vrai ? »

Vidéos :

Anne Eydoux :

L’approche territoriale qui vise à répondre aux besoins du territoire et des personnes privées d’emploi (…) pourrait s’étendre. Mais la difficulté à laquelle se heurte ce type d’initiatives, c’est que les ressources des territoires sont limitées.

Daniel Le Guillou : 

Si on veut essayer autre chose, il faut donner la main aux territoires. Il faut partir de la mobilisation des territoires, des ressources territoriales et des compétences des personnes concernées, donc des personnes privées d’emploi.

Articles :

"Edouard Philippe rouvre le débat "explosif" des contreparties aux aides sociales", Le JDD, le 15/02/2019

_"_Le coût du RSA a augmenté en 2018 et frôle 11 milliards d'euros", les Echos, le 15/05/2019

"RSA : près d’un bénéficiaire sur quatre toujours pas accompagné au bout de six mois", Le Monde, le 07/02/2019

«Ce pognon de RSA, il n’est pas si "dingue"», Libération, le 11/07/2018

Opinions :

[abonnés] "Revenu minimum : « Lorsqu’il s’agit de survie, l’assistance doit être sans condition »", tribune de Guillaume Allègre, économiste, Le Monde, le 23/01/2019

"Le travail gratuit est l’un des visages du néolibéralisme", Maud Simonet, sociologue, pour Alternatives économiques, le 18/12/2018

"Pourquoi le RSA limite la hausse de la pauvreté", Yannick L'Horty, économiste, pour Challenges, le 24/08/2018

"Diminuer le nombre d’allocataires du RSA : « ce n’est pas du contrôle qu’il faut, mais du travail »", Didier Lesueur, directeur général de l'Observatoire de l'action sociale, le 16/05/2017