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Qu'est-ce qu'être une femme à part entière ? C'est sans doute la question que se pose la jeune athlète sud-africaine Caster Semenya depuis les jeux de Berlin, mi-août, depuis cette fameuse course qu'elle a survolée et qui a déclenché les soupçons sur sa féminité. Une de ses rivales, l'italienne Elisa Cusma, a déclaré à l'issue de la compétition : « on ne devrait pas laisser ce genre de personne courir avec nous. » Le quotidien Le Monde a parlé d'une « invraisemblable gamine », Libération de sa façon de courir, masculine, je cite « les genoux très haut, les bras pompant, en cadence comme des pistons ». Alors, certes, elle a peu des caractéristiques extérieures de la féminité, aucune grâce, pas de seins, et même des poils, ce qui est une offense suprême à nos codes. Mais que vont nous apprendre de plus ces fameux tests auxquels on l'a soumise et dont on attend les résultats dans les jours à venir ? XX ou XY ? Examen sans doute insuffisant puisque des experts gynécologiques et des psychologues ont été dépêchés. Mais alors qui décide ? Et si la championne a été porteuse, à la naissance, d'un « désordre de la différenciation sexuelle », imaginons une forme d'hermaphrodisme, n'est-elle pas la seule à pouvoir choisir avec qui elle court ? En tout cas, depuis ce matin, elle n'a officiellement plus d'entraîneur : Wilfred Daniels, son coach, a démissionné de son poste, en invoquant les tests de féminité subis à son insu par son jeune espoir.

Références

L'équipe

Julie Clarini
Production
Brice Couturier
Brice Couturier
Brice Couturier
Production
Avril Ventura
Collaboration
Francesca Fossati
Collaboration
Mathieu Sarda
Collaboration