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Résumé

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avec :

Pap Ndiaye, Françoise Fressoz (Editorialiste politique au Monde), Gilles Manceron (historien, spécialiste du colonialisme français, membre du CVUH (Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire)), André Grjebine (Directeur de recherche à Sciences-Po).

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Ca n'aura échappé à personne : le thème de l'identité nationale revient en force dans le discours politique. Avant-hier encore, à Besançon, le candidat de l'UMP faisait appel à la « France des croisades et des cathédrales, la France des droits de l'homme et de la révolution » -comme si ces deux France étaient indissociables, comme si l'une ne s'était pas construite contre l'autre. De son côté, quelques jours plus tôt, Ségolène Royal entonnait la Marseillaise, un chant guerrier, en exhortant chacun d'entre nous à arborer un drapeau tricolore. On croyait qu'il était versaillais, ce drapeau, le voilà devenu le symbole de ceux qui revendiquent l'héritage de la Commune, les socialistes français. On croit parfois rêver. Alors, est-il déplacé de rappeler que ce thème fut fort à la mode...dans les années 30 ? Est-il inepte de se demander comment nous réagirions si la classe politique allemande osait rallumer ainsi la flamme nationale ? Aucune de ces considérations n'empêche pourtant les politiques de poursuivre et certains intellectuels enfourchent même ce nouveau cheval de bataille idéologique. Et pour une bonne raison : c'est qu'il y a derrière l'agitation médiatico-politique autour de celui qui criera le plus fort son amour à Jeanne d'Arc, un vrai différend intellectuel entre ceux pour qui la France souffre d'abord d'une dépression économique et sociale et ceux pour qui il s'agit bien d'une crise morale, une crise qui serait née des constantes attaques dont la France serait l'objet. Il faudrait la défendre contre les coups de boutoir notamment assénés par les lobbys communautaires ou même, pour certains, par les historiens de l'esclavage et du colonialisme. Mais peut-on accepter aujourd'hui que notre identité soit uniquement ramenée à la fierté d'un passé, fût-il glorieux, quand la France s'est distinguée par la conviction que la nation est d'abord le choix d'un avenir commun ? or ce qui est commun, ce n'est pas ce que nous possédons, c'est ce que nous partageons. C'est bien pourquoi l'on pourrait défendre que nous vivons en ce moment une recomposition bénéfique de l'identité française toute en devenir plutôt qu'une véritable crise, mais... c'est le débat d'aujourd'hui.

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Céline Leclère
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Anne Kobylak
Réalisation
Cyril Baert
Collaboration