France Culture
France Culture
Publicité
En savoir plus

Alain Veinstein reçoit Anne Gorouben , - auteur de 100, boulevard du Montparnasse (Les Cahiers dessinés)

Anne Gorouben est née en 1959. Elle vit et travaille à Paris. Peintre, elle est diplômée de l'École nationale supérieure des arts décoratifs (Atelier de Zao Wou Ki). Elle expose régulièrement ses peintures et ses dessins en France et à l'étranger. Elle a notamment présenté un hommage à Paul Célan en 2003 au musée d'Art et d'Histoire du judaïsme à Paris, et le cycle «D'Odessa à Odessa» dans différents centres d'Art en France et en Ukraine.

Publicité

Berlin, Dresde, Prague, La Rochelle, Kiev, Odessa, New-York, Marrakech, Marseille : chacun de ses séjours a suscité un cycle de peintures présentées dans des instituts, des musées ou des galeries, souvent acquises par différentes collections publiques et privées, en France et à l'étranger.

Anne Gorouben
Anne Gorouben

Le numéro 100, c'est l'adresse d'un petit appartement parisien mitoyen de la brasserie La Coupole. Deux enfances s'y sont succédées : celle d'un père qui a longtemps dit qu'elle fut «sans grand drame» - alors qu'enfant juif réfugié deux ans à la campagne, il s'est senti abandonné des siens et «coupable» -, celle d'une fille qui a «tout pour être heureuse», mais qui restera terrifiée par le noir, hantée par l'histoire des membres de sa famille cachés, en fuite et, pour certains, déportés et disparus. Longtemps, elle a réclamé les récits des uns et des autres, du côté du père à Montparnasse, du côté de la mère dans le quartier du Marais, du côté de ses grands-parents venus de Pologne ou d'Ukraine.

Son père a onze ans à la Libération. Comme après une longue amnésie, il finira tardivement par raconter son histoire. Cette révélation inspirera un premier dessin à sa fille, peintre : un garçon serre fort contre lui un lapin blanc. Peu à peu les dessins s'accumuleront, comme la restitution d'une «mémoire imaginée», à la mine de plomb, exprimant avec acharnement l'oppression muette de la petite fille qu'elle était. Et puis les mots viendront s'ajouter, pour en faire ce bref récit autobiographique, comme une réponse au malaise profond d'une partie de la génération juive née après la guerre, celle qui a vécu à la fois le silence et l'oubli impossible.

Références

L'équipe

Alain Veinstein
Production
Didier Pinaud
Collaboration
Anne Perez
Réalisation
François Poirié
Collaboration