La crèche participe pleinement à l'éveil des tout petits, d'où l'importance d'investir en faveur de structures d'accueil accessibles à tous. ©AFP - INA FASSBENDER
La crèche participe pleinement à l'éveil des tout petits, d'où l'importance d'investir en faveur de structures d'accueil accessibles à tous. ©AFP - INA FASSBENDER
La crèche participe pleinement à l'éveil des tout petits, d'où l'importance d'investir en faveur de structures d'accueil accessibles à tous. ©AFP - INA FASSBENDER
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Résumé

Les 1000 premiers jours de vie d'un individu constituent un moment phare dans son développement cognitif et sensoriel. Le bien être de l'enfant apparait ainsi de plus en plus comme un enjeu économique, social et humain majeur pour les parents et les pouvoirs publics. Au prix d'une course à l'éveil?

avec :

Sylviane Giampino, Florent de Bodman (Responsable du programme "Parler Bambin").

En savoir plus

Selon le Prix nobel d’économie James Heckman, investir dans des meilleurs programmes éducatifs destinés à la petite enfance permettrait d’obtenir un taux de rendement social, soit des retombées sociales des activités d'une organisation, qui contribuent à l'amélioration de la qualité de vie et au bien-être de la population, de plus de 13% par an pour ces investissements publics précoces.

Les travaux de cet économiste constituent un véritable tournant au niveau de l'intérêt que portent les pouvoirs publics pour les enfants de moins de trois ans. Alors que les investissements éducatifs se concentrent généralement sur l’école, le collège et le lycée, les décideurs publics ont aujourd’hui pleinement pris conscience de la nécessité d’agir le plus tôt possible en faveur de l’éducation, de l’épanouissement cognitif et intellectuel des enfants en vue, d’à la fois, corriger les inégalités scolaires le plus tôt possible et surtout permettre aux tout petits d’apprendre à vivre avec l’autre, à se confronter à un autre environnement, et ce dès le plus jeune âge.

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Dès les années 1960, pédopsychiatres, neuroscientifiques, sociologues puis économistes ont pleinement compris l’importance structurante des premiers moments de vie dans la construction psychique, émotionnelle et intellectuelle d’un individu. L’émergence, au sein du monde médical puis politique, du concept des “1000 premiers jours de vie” fait entièrement référence à cette prise de conscience : les 1000 premiers jours de vie, qui s’étalent jusqu’aux deux ans d’un enfant, seraient le moment où tout se joue, où l’enfant développe des aptitudes, des compétences ou des capacités mentales et sociales (ou au contraire des inaptitudes cognitives ou sensorielles) qu’il conservera toute sa vie. Moment où la plasticité cérébrale et où les capacités d’apprentissage sont les plus fortes, les premières années de vie constituent, pour l’enfant, sa première confrontation au monde.

De cette première confrontation à l’environnement qui l’entoure se produira une activation de l’ensemble de ses compétences innées (celle de marcher, parler, vivre avec les autres) qui sont alors au fondement de sa pleine et entière humanité et qui déterminent véritablement ses capacités futures d'interagir avec les autres, de s’adapter au changement ou à construire des relations fiables.

Les parents, premier cercle qui permet à l’enfant de comprendre l’altérité, joue un rôle de premier plan dans la bonne “activation” des compétences du tout petit. Offrir un environnement favorable à l’apprentissage et à l’éveil lui permettra ainsi de développer, de la manière la plus précoce possible, des compétences intellectuelles et sociales qui lui serviront toute sa vie. D’où l’importance, pour les pouvoirs publics, de concentrer leurs efforts à la fois sur les structures d'accueil des touts petits, comme les crèches dans lesquelles 58,9% des petits français étaient scolarisés en 2019, et sur la sensibilisation des jeunes parents à participer pleinement au processus de socialisation précoce de l’enfant.

Une course à l’éveil est-elle engagée? Si tout se joue dans ces 1000 premiers jours, est-il possible, par la suite, de corriger les inégalités qui en découlent? En quoi notre environnement structure l’activation de nos compétences cognitives et sociales?

Sommes-nous déterminés par nos “premiers moments de vie”? Comment souhaitent-ils mieux investir dans les 1000 premiers jours de l’enfant? La socialisation précoce doit-elle être vue comme la nouvelle priorité économique, politique et sociale de nos sociétés à un moment de montée des inégalités scolaires et sociales?

Pour comprendre l'importance des deux premières années de vie de l'enfant, nous avons le plaisir de recevoir Sylviane Giampino, psychologue, autrice sur l’enfance et présidente du haut conseil à l'enfance et à l’adolescence (HCFEA) et Florent De Bodman, ancien haut-fonctionnaire public, co-fondateur et directeur de l’association 1001 mots

A portée de mots, Florent De Bodman, Editions Autrement, 2021

http://www.sylvianegiampino.com

Références

L'équipe

Tiphaine de Rocquigny
Tiphaine de Rocquigny
François Richer
Réalisation
Thibaut Mommeja
Production déléguée
Aliette Hovine
Collaboration