Des Rafales sur le pont du porte-avion Charles de Gaulle dans le port d'Abu Dhabi.
Des Rafales sur le pont du porte-avion Charles de Gaulle dans le port d'Abu Dhabi.  ©AFP - KARIM SAHIB
Des Rafales sur le pont du porte-avion Charles de Gaulle dans le port d'Abu Dhabi. ©AFP - KARIM SAHIB
Des Rafales sur le pont du porte-avion Charles de Gaulle dans le port d'Abu Dhabi. ©AFP - KARIM SAHIB
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Alors que l'épidémie a mis de nombreux secteurs à l'arrêt, les industries de défense font figure d'exceptions. Bénéficiant de commandes passées avant le début de la crise, elles ont pu continuer leurs activités sans encombre... pour l'instant.

Avec
  • Olivier Martin (Ingénieur) Ingénieur de l'Armement et Président du comité de pilotage de la Chaire Economie de défense.
  • Fanny Coulomb Maîtresse de conférences HDR en économie à Sciences Po Grenoble.
  • Lucie Béraud-Sudreau Directrice du programme de recherche « Armement et dépenses militaires » au Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI).

Alors que la ministre des Armées Florence Parly a signé ce lundi à Athènes un contrat de vente de 18 Rafales et que Thalès se voit gratifié d’un contrat par l’OTAN, les fleurons de l’industrie de défense française semblent ne pas connaître la crise. Alors que certains secteurs économiques sont passés, du fait de la pandémie, à l’arrêt total, comme notamment le transport aérien et le tourisme, les industries de défense avaient encore des commandes à exécuter, en raison de l’étendue dans le temps des programmes d’armements, qui, pour les programmes majeurs, se compte plutôt en années qu’en mois.

La production de défense est marquée par des cycles longs. Ça n’est que dans trois ou quatre ans qu’on verra l’effet des baisses de commandes actuelles. - Fanny Coulomb

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De quoi garder la tête hors de l'eau pour ce un secteur qui a un poids non négligeable dans l’économie nationale, avec ses 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Il représente environ 4 % de l’emploi industriel français, un chiffre qui s’élève à 7% dans certaines régions selon le ministère de la Défense. Le secteur serait-il un cas d’école de politique industrielle ? Entreprises historiques florissantes, solide tissu de PME et TPE, savoir-faire français reconnu et emplois non délocalisables : autant d’aspects qui rappellent les plus belles heures de l'industrialisation française. Quelles sont les recettes de ce succès économique ? Le modèle, caractérisé par une très forte intervention de l’Etat, est-il un exemple à l’heure où le discours autour de la relocalisation et de réindustrialisation prend de l’ampleur ? Quelles sont les limites de cette exemplarité industrielle ?

La défense n’est pas un marché comme les autres. Si un État comme la France investit dans ce domaine, c’est avant tout pour des raisons politiques. - Olivier Martin

Le coronavirus a provoqué une crise économique mondiale, ce qui rendra les exportations plus difficiles à l’avenir. On voit déjà baisser les budgets de défense dans d’autres pays. - Lucie Béraud-Sudeau

Pour parler de l'industrie de la défense nous avons fait appel à trois spécialistes Fanny Coulomb, maître de conférences habilitée à diriger les recherches à Sciences Po Grenoble, où elle enseigne principalement la théorie économique et l’économie de la défense, Lucie Béraud-Sudeau, directrice du programme de recherche « Armement et dépenses militaires » au Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) et Olivier Martin, président du comité de pilotage de la Chaire Economie de défense. Il est ingénieur de l'Armement, ayant travaillé pour la DGA pendant plusieurs années puis dans l'Industrie aéronautique de Défense. Il est également Vice-Président du Conseil d'administration de la Confédération amicale des ingénieurs de l'armement.

58 min

Références sonores

  • Extrait d'un discours de Florence Parly (source : ministère des Armées)
  • Serge Dassault, le 8 novembre 1958 (Archive Ina)
  • Charles de Gaulle, le 27 avril 1965 (Archive Ina)
  • Extrait de Star Wars, réalisé par Dave Filoni (2008)

Références musicales

  • « Waiting on a war » - Foo Fighters
  • « By any means » - Jorja Smith

L'équipe

Tiphaine de Rocquigny
Tiphaine de Rocquigny
Antoine Jourdan
Collaboration
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Production déléguée
Philippe Baudouin
Réalisation
Aliette Hovine
Collaboration
Mathilde Thon-Fourcade
Collaboration
Anne Depelchin
Réalisation