Façade d'une école dans le 18e arrondissement parisien, où les difficultés socio-économiques sont plus concentrées qu'ailleurs dans la capitale.
Façade d'une école dans le 18e arrondissement parisien, où les difficultés socio-économiques sont plus concentrées qu'ailleurs dans la capitale. ©AFP - STEPHANE DE SAKUTIN
Façade d'une école dans le 18e arrondissement parisien, où les difficultés socio-économiques sont plus concentrées qu'ailleurs dans la capitale. ©AFP - STEPHANE DE SAKUTIN
Façade d'une école dans le 18e arrondissement parisien, où les difficultés socio-économiques sont plus concentrées qu'ailleurs dans la capitale. ©AFP - STEPHANE DE SAKUTIN
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L'éducation en France est très inégale. Si l'école de la République est excellente dans certains établissements, elle a aussi des points de faiblesses où se concentrent les difficultés : ce sont les ghettos scolaires.

Avec
  • Eric Charmes chercheur en études urbaines à l’Université de Lyon.
  • Marco Oberti Sociologue, professeur des universités à Sciences Po
  • Clément Dherbecourt Docteur en économie de l’Ecole d’Economie de Paris, expert à France Stratégie, co-auteur d’une étude sur le coût économique des discriminations.

L'attentat de Conflans-Sainte-Honorine qui a mené à la mort du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty a réanimé le débat sur les ghettos scolaires, ces établissements où se concentrent les élèves défavorisés socialement et scolairement. Selon une étude faite par le Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO) en 2015, plus d’un élève sur dix (12%) fréquente un établissement qui accueille deux tiers d’élèves issus de milieux socialement très défavorisés.

Concernant la ségrégation scolaire, la prise en compte du privé est essentielle. On ne résoudra pas ces problèmes en agissant seulement sur les établissements publics. - Eric Charmes

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La métropolisation du territoire français à l'oeuvre depuis les années 1980 a accéléré cette fracture. Dans les nouveaux centres urbains apparaît une mosaïque économique et sociale. Tandis que certains quartiers concentrent les richesses, d'autres enregistrent à la fois des taux de chômage élevés, un habitat social important et des revenus faibles. Ces dernières sont aussi celles où on trouve les classes les plus chargées ainsi que des enseignants jeunes et avec des contrats précaires.

Il faut une vraie différence de moyens, d’encadrement, d’aide aux projets, etc., entre l’éducation prioritaire et le reste des établissements. Or, pour l’instant, cette différence est relativement modeste.  - Marco Oberti

Le label « éducation prioritaire » peut apparaître comme un signal négatif pour un certain nombre de familles. - Clément Dherbécourt

Ces inégalités dans l'accès à l'enseignement mettent en péril un projet central de nos sociétés, celui d'assurer l'égalité des chances. Dans le cadre de la journée spéciale sur le thème de l'éducation organisée par France culture le 2 novembre, nous avons fait appel à trois spécialistes pour nous parler de la ségrégation scolaire en France : Marco Oberti, sociologue, professeur des universités à Sciences Po, Eric Charmes, sociologue et urbaniste, chercheur à l’Université de Lyon I et Clément Dherbécourt, économiste, chercheur à France stratégie.

À réécouter : L'éco fait ses classes

Références sonores

  • Archive, Picardie Actualités du 29 octobre 1968
  • Extrait de « Baron Noir », épisode 6 saison 2

Références musicale

  • School / Supertramp
  • 4 de Maten / Delgrès

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