Le projet Hercule a été annoncé par l'exécutif en avril 2019.
Le projet Hercule a été annoncé par l'exécutif en avril 2019. ©AFP - SEBASTIEN BOZON
Le projet Hercule a été annoncé par l'exécutif en avril 2019. ©AFP - SEBASTIEN BOZON
Le projet Hercule a été annoncé par l'exécutif en avril 2019. ©AFP - SEBASTIEN BOZON
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L'exécutif souhaite découper le géant énergétique EDF pour privatiser la branche électrique, tout en maintenant le contrôle sur la branche nucléaire. Un projet qui n'est pas forcément avantageux pour EDF et ses usagers.

Avec
  • Quentin Derumaux Directeur du département énergie et environnement chez Sia Partners
  • Jacques Percebois Professeur émérite à l'université de Montpellier, directeur du Centre de Recherche en Economie et Droit de l'Energie, docteur en Sciences Economiques, spécialiste en Economie du gaz naturel et de l'énergie nucléaire
  • Anne Debregeas Ingénieure chercheuse à EDF R&D et membre de SUD Energie

Lors de son interview sur Brut le vendredi 4 décembre, Emmanuel Macron a affiché un soutien plutôt inattendu à la filière nucléaire française. Une filière qui connait par ailleurs de nombreuses difficultés : fermeture de Fessenheim, retard colossal dans les travaux de maintenance de Flamanville… Des difficultés auxquelles les négociations en cours à Bruxelles comptent mettre fin en s’attaquant à la question de la rente nucléaire d’EDF via le projet de restructuration du groupe baptisé HERCULE. 

On a une Commission européenne qui considère la concurrence comme un totem alors qu’elle est un outil. - Quentin Derumaux

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L'idée est la suivante : « découper » le groupe en deux (voire trois) filières, permettant ainsi à la filière nucléaire de devenir 100% publique et d’ouvrir les autres à des capitaux privés. De cette réorganisation découle un double avantage. D'une part, permettre à l’État de subventionner le nucléaire sans contrevenir aux règles de la concurrence européenne. De l'autre, apporter de l’argent frais via les capitaux privés. 

On veut introduire de la concurrence dans un secteur dans lequel, par les lois de la physique et les contraintes industrielles, les activités doivent être régulées. - Jacques Percebois

Mais ce démantèlement provoque une levée de boucliers : cette solution semble en effet contraire aux intérêts d’EDF et à ceux des consommateurs, dans la lignée d’un bilan loin d’être positif de la libéralisation du groupe depuis les années 1990. À gauche comme à droite, la réorganisation d'EDF est décriée par les groupes parlementaires. Jeudi 10 décembre 2020, une deuxième journée de grève a eu lieu. Selon le groupe, elle a été observée par 27% des salariés, 36% selon la CGT. 

Le projet Hercule s’inscrit dans un processus de déconstruction méthodique d’un monopole public dont tout le monde reconnaissait pourtant le succès. - Anne Debregeas

L'avenir énergétique de la France doit-il nécessairement passer par une plus grande ouverture à la concurrence ? Celle-ci permettra-t-elle de faire face aux prochains défis, notamment ceux du nucléaire ? Pour en parler, nous avons invité trois spécialistes : Jacques Percebois, directeur du Centre de Recherche en Économie et Droit de l'Énergie, docteur en Sciences économiques, spécialiste en Économie du gaz naturel et de l'énergie nucléaire, Anne Debregeas, chercheuse à EDF R&D et membre de SUD Énergie et Quentin Derumaux, directeur du département énergie et environnement chez Sia Partners.

3 min

Références sonores

  • Archive Ina du 1er janvier 1946
  • Xavier Caitucoli, extrait du site « Les Échos » du 6 décembre 2016
  • Extrait du film «The current war, les pionniers de l’électricité » de Alfonso Gomez-Rejon
  • Extrait de l'allocution d'Emmanuel Macron du 8 décembre 2020

Références musicales

  • « Les piles » Vanessa Paradis et M

L'équipe

Tiphaine de Rocquigny
Tiphaine de Rocquigny
Antoine Jourdan
Collaboration
Léa Sabourin
Collaboration
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Production déléguée
Philippe Baudouin
Réalisation
Aliette Hovine
Collaboration
Anne Depelchin
Réalisation