L’économiste John Kenneth Galbraith écrivait à propos de Joan Robinson qu’elle était « une personnalité dominante - et redoutable - de la communauté universitaire anglophone ».
L’économiste John Kenneth Galbraith écrivait à propos de Joan Robinson qu’elle était « une personnalité dominante - et redoutable - de la communauté universitaire anglophone ».
L’économiste John Kenneth Galbraith écrivait à propos de Joan Robinson qu’elle était « une personnalité dominante - et redoutable - de la communauté universitaire anglophone ». ©Getty - The Denver Post
L’économiste John Kenneth Galbraith écrivait à propos de Joan Robinson qu’elle était « une personnalité dominante - et redoutable - de la communauté universitaire anglophone ». ©Getty - The Denver Post
L’économiste John Kenneth Galbraith écrivait à propos de Joan Robinson qu’elle était « une personnalité dominante - et redoutable - de la communauté universitaire anglophone ». ©Getty - The Denver Post
Publicité
Résumé

Disciple keynésienne et virulente critique des néoclassiques, Joan Robinson s’éloignera finalement de la pensée de son maître après la Seconde Guerre mondiale pour tenter d’en faire une synthèse avec l’analyse marxiste de l’économie.

avec :

Marlyse Pouchol (Maître de conférences émérite de l’Université de Reims, membre du laboratoire Clersé (Centre Lillois d'Etudes et de Recherches Sociologiques et Economiques) et membre du Comité éditorial de la Revue d’histoire de la pensée économique), Yara Zeineddine (Docteure en sciences économiques), Louis-Philippe Rochon (Professeur d’économie à l’Université Laurentienne et directeur en chef de la revue Review of political economy).

En savoir plus

Joan Robinson (1903-1983) était une non-conformiste, autant dans sa vie privée que dans ses écrits et son enseignement. C’est une économiste hétérodoxe associée à « trois révolutions » principales qui ont secoué l’histoire de la pensée économique du XXe siècle : la concurrence imparfaite, la demande effective et la critique du marginalisme. 

La théorie néoclassique traite l’économie comme un universel abstrait qui devrait être abordé de la même manière à toutes les époques. Or, pour Robinson, l’économie change, et, plus encore, le capitalisme change au cours du temps. Le capitalisme de l'époque de Marx, qui voit la misère ouvrière, n’est pas celui de l'époque de Marshall, qui voit la prospérité, ni celui de Keynes, qui voit le chômage. Mais ces trois économistes ont apporté quelque chose à l'économie pour Robinson. – Marlyse Pouchol

Publicité

Révoltée par l’existence de la pauvreté, notamment dans les pays pauvres où elle voyagera beaucoup, mais aussi par le chômage et les inégalités persistantes dans le monde, elle décide de faire de l’économie pour trouver des réponses à ces problèmes. Elle est une des économistes qui représentent le mieux, par sa carrière, sa vie et l’évolution de sa pensée, le turbulent XXe siècle : passant de la critique des néoclassiques à la défense et l’approfondissement de la théorie de Keynes, elle deviendra finalement, nourrie par Marx et Kalecki, l’une des leaders de l’école postkeynésienne.

Je ne sais pas si Keynes aurait vraiment été horrifié par les politiques d’après-guerre, sa pensée aurait certainement évolué. Mais l’interprétation de Keynes, par exemple par Samuelson, a été de vouloir réconcilier Keynes avec la théorie néoclassique, ce qui a amené Joan Robinson à les traiter de « keynésiens batards ». – Louis-Philippe Rochon

Elle a publié plus d’une vingtaine de livres et quelques centaines d’articles académiques, et plusieurs de ses publications sont reconnues comme des contributions majeures en économie. Pourtant, elle n’a jamais été récompensée par le prix de la Banque de Suède en l’honneur d’Alfred Nobel, certainement à cause de son franc-parler, mais surtout de son sexe.

Le fait qu'elle soit une femme a beaucoup joué en sa défaveur. Une autre caractéristique de la pensée de Robinson explique aussi qu'elle n'ait pas été reconnue, c'est son honnêteté intellectuelle. Toute sa vie, elle n'a pas hésité à critiquer ses propres travaux et à remettre en question beaucoup d'idées reçues dans la théorie économique. – Yara Zeineddine

Comment résumer la pensée et la vie de Joan Robinson ? Pour quelles contributions principales en économie devrait-elle être plus reconnue ? Pour en parler, nous avons fait appel à Marlyse Pouchol, maître de conférences émérite de l’Université de Reims, membre du laboratoire Clersé et membre du Comité éditorial de la Revue d’histoire de la pensée économique, Louis-Philippe Rochon, professeur d’économie à l’Université Laurentienne et directeur en chef de la revue Review of political economy et Yara Zeineddine, docteur en sciences économiques, auteure d’une thèse intitulée « Autour de Joan Robinson, d’une critique de la théorie marshallienne à une analyse originale de l’accumulation du capital ».

À réécouter : Keynésianisme : l’héritage de la discorde

Références sonores

  • Extrait de l’épisode 1 de la saison 1 de Peaky Blinders (Netflix)
  • Lecture d’un extrait de Philosophies économiques de Joan Robinson (1962)
  • Lecture d’un extrait du conte La Belle et la Bête réécrit par Joan Robinson et Dorothy Morison (1951)
  • Lecture d’un extrait de l’Essai sur l’économie de Marx de Joan Robinson (1942)
  • Interview de l’économiste Alain Minc sur les politiques keynésiennes d’après-guerre dans le documentaire « Une vie, une œuvre » sur Keynes (2012, France Culture)

Références musicales

  • « Fourpence A Day » - Ewan MacColl
  • « Ideal Woman » - Celeste
Références

L'équipe

Margaux Boulte
Collaboration
Marguerite Catton
Production déléguée
Philippe Baudouin
Réalisation
Aliette Hovine
Collaboration
Anne Depelchin
Réalisation