Des jeunes manifestent pour le climat à Jodoigne, en Wallonie, en février 2019.
Des jeunes manifestent pour le climat à Jodoigne, en Wallonie, en février 2019.  ©AFP - JASPER JACOBS
Des jeunes manifestent pour le climat à Jodoigne, en Wallonie, en février 2019. ©AFP - JASPER JACOBS
Des jeunes manifestent pour le climat à Jodoigne, en Wallonie, en février 2019. ©AFP - JASPER JACOBS
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Confrontée à une pandémie mondiale, une catastrophe climatique imminente et un marché de l'emploi peu clément à son égard, la jeunesse d'aujourd'hui doit se mobiliser sur plusieurs fronts. Pour quel "monde d'après" s'engage-t-elle ?

Avec
  • Geoffrey Pleyers Professeur à l'Université de Louvain et chercheur au Collège d'études mondiales.
  • Patricia Loncle Sociologue, professeur de sociologie à l’École de hautes études en santé publique (EHESP).

“Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage, traversé çà et là par de brillants soleils ; le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage, qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils”. Les vers de Baudelaire, écrits il y a plus d’un siècle et demi, auraient bien pu être rédigés par un jeune d’aujourd’hui, confronté à une pandémie mondiale, à l'urgence du défi climatique et à un marché de l’emploi dans lequel il peine à s’insérer. 

On a tendance à voir les jeunes par rapport à ce qu’il leur manque pour être adulte. Mais les jeunes ne sont pas que les citoyens de demain en formation, ils sont aussi des acteurs de notre société aujourd’hui. - Geoffrey Pleyers

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Après la crise du Covid, on s’est promis de bâtir le monde de demain, plus écologiste et plus solidaire ; autant de principes que les mouvements de la jeunesse appellent de leurs vœux depuis des années. Car ils n’ont pas attendu que le monde d’hier s’effondre pour commencer à le réinventer. L’engagement des jeunes se distingue de celui des générations précédentes par leur capacité à réconcilier des engagements qui semblent incompatibles. Héritiers d’un monde globalisé et interconnecté, ils ont su transformer les pratiques militantes d’hier pour profiter des nouvelles possibilités qui leur étaient offertes. Sensibles aux problématiques mondiales, ils s’investissent également à l’échelle locale, pour être au plus près des enjeux. Adeptes du militantisme individuel, ils ne se désintéressent pas pour autant des luttes collectives. Critiques du marché de l’emploi, ils tentent de transformer le travail pour qu’il réponde davantage à leurs envies.

Il y a toujours un conflit de générations dans la société française, mais moins dans la sphère privée, entre les parents et les enfants, que dans la sphère publique, entre les jeunes et les institutions au sens large. - Patricia Loncle

Mais derrière les mobilisations de la jeunesse se cachent des réalités bien différentes. Alors qu’ils sont en moyenne plus diplômés que leurs parents, certains jeunes ne profitent pas de l’accès facilitée aux études supérieures. La fracture entre jeunesses urbaines et rurales vient s’ajouter aux difficultés socio-économiques qui rendent l’engagement plus compliqué ou du moins moins visible. Comment la jeunesse fera-t-elle muter le système capitaliste global ? En quoi ses formes d’engagement diffèrent-elles de celles des générations précédentes ? Quelles sont les problématiques qui lui tiennent à cœur ?

Pour parler de l'engagement de la jeunesse, nous avons fait appel à deux spécialistes : Patricia Loncle, sociologue, professeur de sociologie à l’École de hautes études en santé publique (EHESP) et Geoffrey Pleyers, Sociologue, chercheur au Fonds de la recherche scientifique (en Belgique) et au Collège d’Études mondiales à Paris. Il est vice-président de l’Association internationale de sociologie.

32 min

Références sonores

  • Pierre Mendès-France en 1970 (archive INA)
  • Extrait de L’époque, film documentaire de Matthieu Bareyre (2018)
  • Vidéo Konbini publiée le 31 aout 2018 sur l'écologie
  • Extrait du film documentaire “Nos défaites” de Jean-Gabriel Périot (2019)
  • Extrait du film “J’aime regarder les filles”, réalisé par Frederic Louf (2011)

Références musicales

  • MGMT - "The Youth"
  • Etienne Daho - "We have all the time in the world"

L'équipe

Tiphaine de Rocquigny
Tiphaine de Rocquigny
Antoine Jourdan
Collaboration
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Production déléguée
Philippe Baudouin
Réalisation
Aliette Hovine
Collaboration
Mathilde Thon-Fourcade
Collaboration
Anne Depelchin
Réalisation