En créant la société mk2 en 1974, Marin Karmitz devient aussi gestionnaire de salles, en plus de producteur prolifique. Ici en 2021.
En créant la société mk2 en 1974, Marin Karmitz devient aussi gestionnaire de salles, en plus de producteur prolifique. Ici en 2021.
En créant la société mk2 en 1974, Marin Karmitz devient aussi gestionnaire de salles, en plus de producteur prolifique. Ici en 2021. ©AFP - Joel Saget
En créant la société mk2 en 1974, Marin Karmitz devient aussi gestionnaire de salles, en plus de producteur prolifique. Ici en 2021. ©AFP - Joel Saget
En créant la société mk2 en 1974, Marin Karmitz devient aussi gestionnaire de salles, en plus de producteur prolifique. Ici en 2021. ©AFP - Joel Saget
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Résumé

“Marchand de films” : c’est ainsi que se définit Marin Karmitz, le fondateur de la société Mk2. Des productions à petit budget de la Nouvelle Vague à l’avènement d’une véritable industrie, il revient sur son parcours marqué par le poids que fait peser l’argent dans le monde du cinéma.

avec :

Marin Karmitz (exploitant, distributeur, producteur et réalisateur).

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Comme chaque jeudi, l'économie se raconte à travers le regard d'un artiste, d'un réalisateur, d'un romancier contemporain ou non. Notre invité se définit comme un "marchand de film". Ancien militant maoïste, il a bravé les mastodontes du secteur et à réussi à imposer le cinéma d'auteur. Dans son catalogue défile ainsi les noms de Claude Chabrol ou de Jean-Luc Godart ... 

Tiphaine de Rocquiny reçoit, pour ce nouvel épisode de "L'économie selon...", Marin Karmitz, exploitant, distributeur, producteur, réalisateur et fondateur de la société MK2. 

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Un rapport à l'argent déterminé par les relations familiales 

"Ma vie a commencé avec deux dépouillements. D'abord celui des nazis qui ont mis en oeuvre toute une série de spoliations à l'encontre des populations juives de Roumanie lorsqu'ils dominaient le pays durant la guerre. Par exemple, les juifs ne pouvaient plus être propriétaires d'entreprises et les enfants ne pouvaient même plus aller à l'école. J'ai ainsi appris à lire et à écrire seulement après mon arrivée en France. A la suite de la défaite de l'Allemagne en 1945, les juifs ont pu récupérer l'ensemble de leurs biens. Cependant, avec ma famille, nous avons connu un second départ de notre pays d'origine avec l'arrivée au pouvoir des communistes. Nous avons ainsi du, en échange de passeports, donner tout ce nous avions. Une fois arrivés en France, il a fallut tout recommencer à zéro". 

"Les idées marxistes constituent des pistes de réflexion toujours intéressantes et pertinentes aujourd'hui. On retrouve d'ailleurs ces idées, qui sont dorénavant directement rattachées à Marx, dans des références textuelles beaucoup plus anciennes, comme l'Ancien Testament, qui soulevait déjà de nombreuses questions autour de la propriété privée, du partage des richesses mais aussi du bon usage de l'argent, soit de toute la morale et de l'éthique rattachée aux questions financières. Cependant, l'importance accordée à Marx réside dans le fait que c'est lui qui a par la suite théorisé, explicité l'ensemble de ces réflexions au sein d'un environnement économique beaucoup plus avancé. Mon opinion sur les idées de Marx? Je pense que les constats sont justes mais que les politiques menées en leur nom ont produit des résultats catastrophiques, au regard de ce qui s'est passé en Union Soviétique". 

Le cinéma comme choix politique 

"Pour moi Mai 68 constitue un tournant car j'ai vu dans ce mouvement un retour de la solidarité; de cette même solidarité que j'avais découverte et connu durant mes années de militantisme".  

"Le cinéma peut être véritablement une forme de militantisme. Par exemple, j'avais soutenu un projet avec Claude Chabrol et Jean-Luc Godard en faveur du cinéma gratuit. Il s'agit d'une problématique éminemment économique étant donné que nous soutenions la création d'un impôt, payé par l'ensemble des français, et dont les revenus auraient permis de financer les films. Il s'agissait de rendre plus juste et équitable l'accès au cinéma.   C'est une logique qui existait déjà dans les pays de l'Est mais qui était utilisée, instrumentalisée par l'Etat. Toute la question était de trouver un moyen pour que ce cinéma public ne finisse pas par être récupéré au profit d'une puissance politique, mais qu'il soit au contraire le garant d'une libéralisation et d'une démocratisation de toutes sortes de production. Il s'agit d'une piste de réflexion intéressante que l'on peut retrouver aujourd'hui au coeur des modèles économiques des plateformes de films et de séries en ligne : le paiement d'un abonnement en échange d'une offre importante de productions cinématographiques".  

Pour aller plus loin

En savoir plus : Marin Karmitz : "Je ne suis pas un collectionneur, je suis un metteur en scène"

Références sonores 

Références musicales 

Références

L'équipe

Somaya Dabbech
Réalisation
Aliette Hovine
Production déléguée