Des migrants et des réfugiés afghans attendant d'être logés après l'évacuation de leur camp
Des migrants et des réfugiés afghans attendant d'être logés après l'évacuation de leur camp
Des migrants et des réfugiés afghans attendant d'être logés après l'évacuation de leur camp ©Getty - Kiran Ridley
Des migrants et des réfugiés afghans attendant d'être logés après l'évacuation de leur camp ©Getty - Kiran Ridley
Des migrants et des réfugiés afghans attendant d'être logés après l'évacuation de leur camp ©Getty - Kiran Ridley
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Résumé

Les politiques migratoires sont au cœur des débats publics depuis une quarantaine d'années - à chaque élection présidentielle, la thématique de l’immigration revient de plus belle... Mais que sait-on de l'impact économique des migrations ?

avec :

Emmanuelle Auriol (Économiste, professeure à la Toulouse School of Economics), Camille Hamidi.

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Tiphaine de Rocquigny reçoit Emmanuelle Auriol, économiste, professeure à la Toulouse School of Economics (TSE) et à l’Université Toulouse Capitole 1, et Camille Hamidi, politiste, professeure à l’Université Lumière Lyon 2. Elle a publié le repère La Découverte : Les politiques de migration avec Thomas Fischer en 2016

Selon Emmanuelle Auriol, “Les études montrent que la contribution nette des immigrés aux finances publiques c'est soit +0.5, soit -0,5 du PIB. Cela varie mais le consensus parmi les économistes c'est qu’ils ont un impact très faible sur les finances publiques. Pourquoi ? Parce que les immigrés sont souvent jeunes, ils sont souvent dans une tranche d'âge entre 10 et 25 ans et de ce fait ils consomment assez peu de services publics, assez peu de santé, et donc ils contribuent par leur consommation et leur travail davantage en moyenne que ce qu’ils dépensent. Alors leur bilan sur l'aspect purement “finances publiques” est faible. C'est vrai dans tous les pays de l’OCDE, y compris en France.”.

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Pour Camille Hamidi : "Il y a l’idée répandue d’un tourisme du Welfare qui dit que les migrants viendraient parce qu'ils sont attirés par des systèmes d'États-providence généreux. C'est souvent ce qu'on met en avant pour justifier le fait qu'on va durcir de plus en plus… Par exemple, il y a un délai avant que les migrants puissent accéder à l'équivalent pour eux de la couverture maladie universelle. Pourtant les travaux montrent que ces dimensions-là sont faibles. Les migrants choisissent leur pays de destination d’abord sous contrainte et sinon en fonction des réseaux migratoires dans lesquels ils sont inscrits : s'il y a déjà des personnes de la même origine qu’eux, ou alors en fonction de l'état du marché du travail. Mais l’état du système de sécurité sociale, c’est très secondaire."

Pour le prix nobel (2021) David Card, croire que les immigrés vont prendre les emplois des moins qualifiés, car c’est se représenter l’économie comme stationnaire

Le chômage n’est pas un gâteau dont on se partage les parts. A travers l'étude de l'Exode de Mariel (1980), David Card montre que l’arrivée de migrants cubain à Miami, contrairement à ce que l'intuition première suggère, a un effet favorable sur l'emploi et non pas un effet de remplacement défavorable. Les immigrés cubains, qualifiés ou non, se sont mis à tondre les pelouses, libérer le travail qualifié féminin, ce qui a permis aux femmes d'utiliser leur temps de façon plus productive : toute cette activité supplémentaire a en fait contribuer à créer des emplois. 

Référence sonore : 

  • Archive, Chômeurs italiens venant travailler en France - Actualité françaises - 1946 
  • David Card - More people, lower wages ? Conférence à Berkeley en janvier 2012, traduit par Somaya Dabbech
  • François Hollande, Peter Szijjarto et Angela Merkel à propos de la crise des migrants – France 2 et France 24 - 2015

Références musicales : 

  • Carte de séjour - Douce France (1987)
Références

L'équipe

Guillaume Ménard
Collaboration
Somaya Dabbech
Réalisation
Thibaut Mommeja
Production déléguée
Aliette Hovine
Collaboration