L'astronome, peint par Johannes Vermeer vers 1668 - Johannes Vermeer
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Résumé

Alors qu'un projet de loi sur la recherche vient d'être voté par l'Assemblée nationale, nous nous demandons quel intérêt il peut y avoir à financer la recherche fondamentale.

avec :

Emanuel Bertrand (Maître de conférences à l’ESPCI Paris et chercheur au Centre Alexandre-Koyré d’Histoire des sciences et des techniques), Daphnée Raffini (directrice du pôle Innovation de l’institut Langevin Ondes et Images).

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"C’est un vrai moment historique" estimait Frédérique Vidal, ministre de la Recherche, après que les députés aient largement voté, dans la nuit de mercredi 23 à jeudi 24 septembre, le projet de loi sur la recherche française avec lequel le gouvernement promet des "moyens massifs" pour les chercheurs. Le texte, adopté en première lecture à 48 voix contre 20, fixe la trajectoire budgétaire sur dix ans, avec la promesse d’une hausse du budget de la recherche de 30 % entre 2021 et 2030 qui portera le budget annuel à 20 milliards d'euros par an en 2030, soit 5 milliards de plus qu'actuellement. 

Cela fait 20 ans qu’en France l’investissement en recherche est à hauteur de 2,2% du PIB. Nous savons pertinemment qu’il faudrait un investissement à hauteur de 3% pour que la recherche puisse être efficace. Le gouvernement va faire un investissement massif dans le domaine de l’industrie, mais il oublie que l’on est passé dans une économie fondée sur la connaissance. De nos jours, il est temps d’investir dans la recherche pour que la France ne décroche pas. - Daphnée Raffini

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Ces nouvelles ressources seront-elles suffisantes pour permettre à la France de rattraper son retard sur les autres pays industrialisés en termes de recherche fondamentale ? Car si la France est encore au 6e rang mondial en termes d'investissement dans la recherche, le risque d'un décrochage sérieux se fait ressentir. "La France est le seul pays à prétention scientifique dont la dépense d'investissement en recherche et développement ne bouge pas", déclarait en effet Antoine Petit, Président du CNRS, devant les parlementaires le 23 juin dernier.

Il y a chez les dirigeants politiques l’idée que le but de la recherche serait forcément de faire de l’innovation derrière. L’idée d’une recherche libre, gratuite, purement spéculative, exploratoire, est de moins en moins en odeur de sainteté. - Emanuel Bertrand

Une stagnation budgétaire qui n'est pas sans conséquence. En plus de sa dimension culturelle, par laquelle elle permet de connaître et comprendre la nature, la recherche fondamentale permet aussi de maîtriser cette nature, ce qui fait d'elle un enjeu de puissance autant que de pouvoir. Afin d'y voir plus claire dans le monde de la recherche et de comprendre les enjeux de son financement, nous parlons aujourd'hui avec Emanuel Bertrand, maître de conférences à l’École Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de la ville de Paris et chercheur au en histoire des sciences au Centre Alexandre-Koyre et Daphnée Raffini, directrice du pôle Innovation de l’institut Langevin Ondes et Images.

Références

L'équipe

Tiphaine de Rocquigny
Tiphaine de Rocquigny
Antoine Jourdan
Collaboration
Léa Sabourin
Collaboration
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Production déléguée
Philippe Baudouin
Réalisation
Aliette Hovine
Collaboration
Anne Depelchin
Réalisation