On date l’apparition du premier restaurant moderne en 1765 grâce à un économiste et physiocrate : Mathurin Roze de Chantoiseau. ©Getty - Maurice ROUGEMONT
On date l’apparition du premier restaurant moderne en 1765 grâce à un économiste et physiocrate : Mathurin Roze de Chantoiseau. ©Getty - Maurice ROUGEMONT
On date l’apparition du premier restaurant moderne en 1765 grâce à un économiste et physiocrate : Mathurin Roze de Chantoiseau. ©Getty - Maurice ROUGEMONT
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Résumé

Après sept mois de fermeture, la réouverture des terrasses a marqué un moment fort en termes de renouveau de la convivialité. Le « plaisir de la table » dépasse le simple plaisir de manger, et aller au restaurant est une expérience globale.

avec :

Chloé Charles (Cuisinière) (Cuisinière indépendante), Jean-Jacques Boutaud (Professeur émérite en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bourgogne, président du réseau de chercheur AGAP (alimentation, gastronomie et analyse et perspectives)).

En savoir plus

Mercredi dernier (9 juin), M6 est arrivée en tête des audiences avec « Top Chef ». La finale de la douzième saison du concours culinaire, remportée par Mohamed Cheikh, a attiré 3,2 millions de téléspectateurs, soit 17,8 % de part d’audience. Cette date marquait parallèlement la réouverture des restaurants. La chaîne a d’ailleurs appelé les téléspectateurs à ne pas regarder la finale, mais à se rendre au restaurant.

Les terrasses éphémères permettent de faire plus de chiffre d'affaires, elles ravissent les clients parce que c'est beaucoup plus sympathique d'être en terrasse qu'à l'intérieur en été. D'ailleurs, en tant que consommatrice, je suis ravie qu'il y ait de plus en plus de terrasses dans Paris. Je trouve cela joyeux, il y a de la vie, c'est la vie qui revient et cela met du baume au coeur au-delà de l'économie. On souffle enfin. - Chloé Charles

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Le restaurant est étudié en sciences sociales selon ses dimensions culinaires et commensales, marchandes et culturelles. De François Rabelais à Marcel Proust, de très nombreux auteurs se sont emparés de la question de la cuisine et de ses mets pour les ériger en art de vivre. Le restaurant est un haut lieu de convivialité : à la différence de la commensalité, définie par le partage de la table, des repas, la convivialité suppose la valeur ajoutée de l’agrément, du plaisir, de l’entrain, pour vivre la situation, le moment, par le plaisir de manger, de partager, d’échanger. La France a élaboré son identité de pays de bonne chère grâce à ses institutions.

Le partage de la table, ce n'est pas simplement manger, se nourrir. C'est vivre un moment de situation sociale, de partage, où on parle et on échange. C'est aussi un théâtre de visibilité, il y a tout une dramaturgie : les actions sont en jeu. [...] Les convivialités créées pendant le Covid se sont faites avec des tâches partagées qui n'existaient pas auparavant, comme le choix des repas, la découverte de gestes de préparation culinaire avec un très grand rôle joué par la pâtisserie. - Jean-Jacques Boutaud

Historiquement, on date l’apparition du premier restaurant de 1765 grâce à un économiste et physiocrate : Mathurin Roze de Chantoiseau. Il ouvre le premier restaurant moderne dans le quartier du Louvre à Paris, proposant un service révolutionnaire : des tables individuelles et des plats à choisir sur un menu. Au XVIIIe siècle, revues gastronomiques, livres de recettes, manuels de savoir-vivre, traités d'hygiène, comptes rendus de banquets, se succèdent : autant de genres qui traduisent, par leur fourmillement, l'intérêt que portent les contemporains au sujet. 

Depuis, les restaurants se sont largement popularisés et ont endossé de nouvelles formes, du fast-food au restaurant gastronomique. La médiatisation des chefs dans des émissions culinaires, les revues dédiées, ne font que témoigner de l’attachement croissant d’un public à la cuisine, et plus spécifiquement, à la restauration. Face aux transformations économiques, sociales et culturelles, comment repenser le restaurant pour le festin de demain ? Pour en parler, nous avons fait appel à Chloé Charles, cuisinière indépendante qui signe la carte des Jardins d’Olympe, un restaurant éphémère au Musée Carnavalet à Paris, et Jean-Jacques Boutaud, professeur émérite en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bourgogne, président du réseau de chercheur AGAP (alimentation, gastronomie et analyse et perspectives).

49 min
1h 00

Références sonores

Références musicales

  • "Le repas ridicule" - Les frères Jacques
  • "Solar power" - Lorde
Références

L'équipe

Margaux Boulte
Collaboration
Marguerite Catton
Production déléguée
Philippe Baudouin
Réalisation
Aliette Hovine
Collaboration
Anne Depelchin
Réalisation