Le rappeur SCH fait partie d'une nouvelle génération qui gère son image et fait sa promotion au moyen des réseaux sociaux
Le rappeur SCH fait partie d'une nouvelle génération qui gère son image et fait sa promotion au moyen des réseaux sociaux ©AFP - JOEL SAGET
Le rappeur SCH fait partie d'une nouvelle génération qui gère son image et fait sa promotion au moyen des réseaux sociaux ©AFP - JOEL SAGET
Le rappeur SCH fait partie d'une nouvelle génération qui gère son image et fait sa promotion au moyen des réseaux sociaux ©AFP - JOEL SAGET
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Comment le rap a-t-il submergé l'industrie musicale ? Né dans les marges et revendiquant son indépendance, le rap tire parti de l'avènement du streaming et court-circuite l'industrie traditionnelle.

Avec
  • Sophian Fanen Journaliste, co-fondateur du média en ligne LesJours.fr

Le Hip-hop plus que jamais au sommet : l’an dernier les dix albums les plus écoutés sur la plateforme Deezer étaient tous des albums de rap français. Trente ans après l’émergence des pionniers du genre dans l’Hexagone, le rap domine l’industrie et brasse des centaines de millions d’euros. Comment les rappeurs ont-ils su profiter de l’essor du streaming ? Comment la figure de l’artiste entrepreneur a-t-elle transformé l’économie de la musique ?

Pour en parler, Tiphaine de Rocquigny reçoit Sophian Fanen, journaliste et Paco Garcia, doctorant en Sciences de l’Information et de la Communication à l'université Sorbonne Paris Nord.

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Monter en puissance dans les marges

Pour Sophian Fanen, « le rap émerge de banlieues, de quartiers pauvres, même s’il y a plein de gens, comme MC Solaar, qui n’ont pas cette histoire-là. Mais globalement cela émerge de quartiers durs ». Selon lui, « c’est une musique qui, par rapport à son impact culturel, a une faible place sur les radios et les médias globalement. Skyrock décide de basculer complètement son format et ne faire ça. A partir de là, elle va devenir, non seulement le diffuseur mais aussi un lieu, physiquement, de rencontres. Skyrock va devenir la caisse résonance et la voix de toute une époque, jusqu’à aujourd’hui ».

Selon Paco Garcia, « le succès commercial n’est pas une volonté dans un premier temps. Mais contrairement à ce qu’elles annoncent ou ce qu’elles croient, ce sont les majors qui permettent l’émergence du rap en France comme genre musical propre. Avant celles-ci, le rap était fait uniquement en live, dans le terrain vague de la Chapelle mais aussi dans la salle de Paco Rabanne dans le 10ème arrondissement. Donc les premières performances enregistrées de rap sont faites sous l’égide de la production des majors »

Envahir le net pour consolider sa position

Pour Sophian Fanen, « les éléments de la prise de pouvoir du rap sont : la capacité à produire de la musique en autonomie (apportée par les ordinateurs et la technologie), la capacité à se distribuer et les réseaux sociaux ». Selon lui, « les rappeurs ont leur communauté grâce aux réseaux sociaux. Très rapidement, ils vont envahir les plateformes de streaming et rencontrer une génération d’auditeurs. On va avoir une rencontre extrêmement forte entre un outil de diffusion et d’écoute de la musique et une musique générationnelle ».

Selon Paco Garcia, « aujourd’hui la situation d’artiste entrepreneur n’est pas subie, elle est voulue. On est dans une image de l’artiste que l’on va vendre parce que la valeur symbolique de la musique a baissé. On peut se la procurer gratuitement ou presque »

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