Iron ore plant at the Carajas mine, owned by Companhia Vale do Rio Doce SA (CVRD), in the state of Para, Brazil. Vale, the Brazilian mining company, is currentl
Iron ore plant at the Carajas mine, owned by Companhia Vale do Rio Doce SA (CVRD), in the state of Para, Brazil. Vale, the Brazilian mining company, is currentl ©Getty - Paulo Fridman / Contributeur
Iron ore plant at the Carajas mine, owned by Companhia Vale do Rio Doce SA (CVRD), in the state of Para, Brazil. Vale, the Brazilian mining company, is currentl ©Getty - Paulo Fridman / Contributeur
Iron ore plant at the Carajas mine, owned by Companhia Vale do Rio Doce SA (CVRD), in the state of Para, Brazil. Vale, the Brazilian mining company, is currentl ©Getty - Paulo Fridman / Contributeur
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Le Brésil se caractérise par une industrialisation tardive et une désindustrialisation précoce. Comment l'industrie s'est-elle développée au Brésil ? Comment expliquer les difficultés économiques actuelles des industries brésiliennes ?

Avec
  • Christina Terra Professeure d'économie à l'ESSEC Business School, chercheuse associée au CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales)
  • Jacky Buffet économiste, maître de conférence à Sciences Po Lyon

Si le plus grand pays d’Amérique latine est aujourd’hui très fortement dépendant de la manne agricole et pétrolière, il n’en a pas toujours été ainsi. Dans les années 60, l’industrie décolle et la croissance bondit, le monde entier salue le miracle économique brésilien mais l’euphorie a rapidement cédé la place à la désillusion.

Une industrialisation tardive

L’industrialisation est tardive au Brésil, et fortement liée à la caféiculture. Dans les premières décennies du XXe siècle, les élites industrielles et les élites agricoles continuent de se confondre avec beaucoup d’entrepreneurs industriels qui sont à cette époque des fermiers ou des commerçants. Jacky Buffet précise : « Une des particularités après 1889 est que la sphère de production et la sphère de commercialisation sont réunies. Sous la colonie les producteurs directs n’étaient affectés qu’à une sphère de production, c’étaient des producteurs directs, et ensuite les produits étaient exportés et la valorisation se faisait sur les marchés européens par les bourgeoisies marchandes métropolitaines basées à Lisbonne. A partir de 1822, on est déjà dans une réunion entre la sphère de production et la sphère de commercialisation ce qui fait que les producteurs directs et ceux qui vont apparaître, les producteurs de café, l’oligarchie des cafés, ne sont plus seulement une élite qui produit mais c’est une élite qui est impliquée dans des opérations d’acquisition foncière, dans des opérations d’organisation des transports […]. »

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Du « miracle économique » des années 70 à la désindustrialisation précoce à la fin des années 90.

Au Brésil la dictature militaire dure 20 ans de 1964 à 1985. C’est une période pendant laquelle les militaires poursuivent l’industrialisation du pays avec l’objectif de favoriser la production nationale. Cependant, à partir des années 1980, la politique américaine et la crise mexicaine entraînent une crise de la dette au Brésil. Cristina Terra précise : « c’est une crise économique stratosphérique. On a commencé à voir dans les rues de Rio de Janeiro des enfants en train de mendier dans la rue, ce qui n’existait pas avant. On voyait la détérioration sociale devant nous à cause de la crise économique et sociale. » Dans les années 90, viennent s’ajouter « les décrochages monétaires, la crise du peso, la crise asiatique et l’effet vodka » qui ont des conséquences sur les politiques brésiliennes selon Jacky Buffet, qui poursuit : « Tout ça rend opaque et plus difficile la possibilité de mener des politiques industrielles parce qu’il faut d’abord régler des problèmes qui sont liés à une conjoncture. »

Bibliographie

  • Jacky Buffet, Industrialisation et développement du Brésil : 1500-2000, L'Harmattan, 2000.

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