Ambrogio Lorenzetti, "Effets du bon et du mauvais gouvernement à la ville et à la campagne" (détail), 1338, Palazzo Pubblico (Sienne, Italie)
Ambrogio Lorenzetti, "Effets du bon et du mauvais gouvernement à la ville et à la campagne" (détail), 1338, Palazzo Pubblico (Sienne, Italie) ©AFP - Electa / Leemage
Ambrogio Lorenzetti, "Effets du bon et du mauvais gouvernement à la ville et à la campagne" (détail), 1338, Palazzo Pubblico (Sienne, Italie) ©AFP - Electa / Leemage
Ambrogio Lorenzetti, "Effets du bon et du mauvais gouvernement à la ville et à la campagne" (détail), 1338, Palazzo Pubblico (Sienne, Italie) ©AFP - Electa / Leemage
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Les politiques publiques doivent-elles prendre pour objectif le bonheur ? Et peut-on seulement mesurer le bonheur ? En effet, les indicateurs traditionnels du "bien-être" économique et social d'un pays (comme le PIB ou le taux de croissance) n'offrent-ils pas en réalité une peinture limitée ?

Avec
  • Florence Jany-Catrice professeure d’économie à l’université de Lille, auteure de « L'indice des prix à la consommation », ed. La découverte.
  • Claudia Senik professeure d’économie à Sorbonne Université et à l'École d'économie de Paris. Elle dirige l'Observatoire du bien‐être du CEPREMAP et est directrice adjointe du CEPREMAP (Centre pour la Recherche Economique et ses Applications).

"On a un indicateur extrêmement hégémonique dans nos représentations de ce que sont nos richesses, ce vers quoi nous devrions aller : le produit intérieur brut. [...] On se rend compte que le système de comptabilité nationale a peut-être un peu de mal à maîtriser - bien qu'il tente de la faire énormément - les modalités de la production du XXIe siècle qui sont sans doute plus complexes. Et surtout quand on regarde le PIB, on se rend compte dans son histoire qu'il est très conventionnel." (Florence Jany-Catrice)

Deuxième jour de notre série consacrée à l’économie du bonheur. Hier, nous nous sommes glissés dans la peau de Jeremy Bentham, père d’une théorie utilitariste du bonheur, fondée sur l’idée d’un calcul. Depuis, plusieurs indicateurs ont été conçus pour mesurer non le bonheur, mais ce qui y contribuerait, comme le niveau d’aisance matérielle ou l’accession au travail. Des indicateurs devenus des références, à partir desquelles se décident les politiques publiques. Depuis les années 1970, de nombreuses voix nous mettent pourtant en garde contre ces outils ne rendant compte que de nos instincts d’accumulation. Alors que dire des fondations sur lesquelles se fondent les politiques économiques ? Et que dire de l’ambition politique de faire croître, organiser ou émerger un bonheur individuel et collectif ?

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Aujourd’hui nous parlons donc de politiques du bonheur en compagnie de  Florence Jany-Catrice, professeure d’économie à l’Université de Lille, membre du CLERSE et co-auteure avec Jean Gadrey du ‘’Repère’’ Les nouveaux indicateurs de richesse à La Découverte, et Claudia Senik, professeure à Sorbonne-Université et à l’Ecole d’Economie de Paris, auteure notamment de  L'Economie du bonheur publié aux éditions du Seuil.

"La question, ce n'est pas tellement de mesurer vraiment le bonheur - mesurer le bonheur, c'est très ambitieux et on ne sait pas vraiment ce que c'est. Ce serait plutôt : est-ce que le bonheur des gens en partie varie de la même manière que le PIB ? Est-ce que dans les phases de croissance les gens sont plus heureux et dans les phases de récession moins heureux (en sachant qu'il y a tout une partie de leur existence qui échappe à cet aspect matériel et marchant) ?" (Claudia Senik)

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