Un homme se rafraichissant sous une fontaine publique à Baltimore (Maryland) le 30 juin 2021. Ce jour-là, il faisait plus de 37 degrés dans la ville.
Un homme se rafraichissant sous une fontaine publique à Baltimore (Maryland) le 30 juin 2021. Ce jour-là, il faisait plus de 37 degrés dans la ville.
Un homme se rafraichissant sous une fontaine publique à Baltimore (Maryland) le 30 juin 2021. Ce jour-là, il faisait plus de 37 degrés dans la ville. ©AFP - Jim Watson
Un homme se rafraichissant sous une fontaine publique à Baltimore (Maryland) le 30 juin 2021. Ce jour-là, il faisait plus de 37 degrés dans la ville. ©AFP - Jim Watson
Un homme se rafraichissant sous une fontaine publique à Baltimore (Maryland) le 30 juin 2021. Ce jour-là, il faisait plus de 37 degrés dans la ville. ©AFP - Jim Watson
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Résumé

Alors que la moitié de la population mondiale vit aujourd'hui dans les villes, la hausse des températures liée au changement climatique questionne les villes quant à leurs capacités actuelles et futures de rester des espaces vivables et viables d'un point de vue économique et social.

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En 2020, 56,15% de la population mondiale est urbaine. Il s'agit ici d'une évolution démographique, territoriale et anthropologique majeure, qui devrait alors se poursuivre pour atteindre 70% de l'humanité en 2050. La ville est donc devenue, en l'espace d'un demi-siècle, un espace de vie, d'activités économiques et de loisirs incontournable et majoritaire. 

Cependant, l'accélération du réchauffement climatique, qui se manifeste concrètement par une augmentation continue des températures, remet ainsi en question la morphologie même des villes, ainsi que leurs modèles économique et social. Alors qu'en 2050, Paris enregistrera, pendant l'été, les mêmes niveaux de températures enregistrés à Séville à l'heure actuelle ou Stockholm ceux de Rome, les villes ont-elles les moyens de revoir leurs capacités d'adaptation et de résilience face aux vagues de chaleur ? 

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On se rend compte, en France, que depuis 2015, il n'y a pas un seul été où il n'y a pas eu de vague de chaleur extrême. Ce qui fait que tout l'enjeu qui se pose aujourd'hui, c'est bien celui de l'atténuation, mais c'est aussi celui de l'adaptation au changement climatique. Adapter les sociétés au changement climatique, ça implique d'adapter les villes parce qu'il faut le rappeler, elle concentre plus de la moitié de la population mondiale et le taux d'urbanisation continue d'augmenter. Chloé Voisin-Bormuth 

La chaleur est un phénomène inhérent aux villes, étant donné qu'elles sont naturellement plus chaudes que les espaces ruraux. Ce phénomène, observé dès 1820, est lié au fait que l'artificialisation des sols emmagasine plus les rayons du soleil, à la différence de la végétation qui dispose d'un pouvoir de réflexion plus important. Les "îlots de chaleur" sont la manifestation de cet écart de température, évalué entre 4 et 5 degrés entre une rue asphaltée et un espace vert.    

Les îlots de chaleur dans les villes, outre liés à des problématiques proprement climatiques, sont aussi en lien avec des enjeux économiques et sociaux, étant donné qu'elles représentent un outil pertinent dans la compréhension des inégalités entre pays développés et les "émergents" - au niveau des moyens dont ils disposent pour faire face à ce phénomène - mais aussi des disparités entre quartiers d'une même ville. Ainsi, selon une étude menée à Portland par le chercheur Vivek Shandas, les quartiers populaires sont davantage touchés par les vagues de chaleur urbaines que les quartiers riches.  

Il existe toutefois des solutions pour éviter que nos villes deviennent invivables : végétalisation des bâtiments et des rues, mise en avant de matériaux de construction aux pouvoirs de réflexion solaire plus importants, modifications des comportements et des habitudes de consommation… Dans tous les cas, l'ensemble de ces dispositifs nous amène à repenser la question de l'urbanisme, alors que les risques économiques, sanitaires et sociaux vont continuer à se renforcer face à l'accélération du réchauffement climatique dans les prochaines décennies. 

On peut d'une part adapter les bâtiments, par exemple, isoler les logements afin que les températures y restent fraiches. Un autre type d'action, c'est d'essayer de "casser" l'effet d'ilot de chaleur urbain, qui est une des grandes causes de la gravité des canicules en ville. Celui-ci est lié à et qui sont aussi liés à la manière dont la ville est construite et organisée, et on peut essayer de l'atténuer. Vincent Viguié

Comment (sur)vivre dans une ville de plus en plus chaude?
Pour répondre à l'ensemble de ces questions, nous avons le plaisir de recevoir Vincent Viguié économiste spécialiste du changement climatique, chercheur au Centre International de recherche sur l’environnement et le développement, (CIRED) et Chloé Voisin-Bormuth géographe et sociologue, Directrice des études et de la recherche de la Fabrique de la cité. 

Références sonores 

  • Témoignages autour des crises environnementales de l'été 2021 à New-York, Montréal et Portland 
  • Archive France Inter de l'émission "Là-bas si j'y suis" autour de la canicule de 2003, avec Marcel Mathiot, un auditeur de 92 ans, joint au téléphone ce matin, parle des conditions dans lesquelles il a été hébergé l'été 2003, dans une résidence, durant la canicule, d'où il s'est enfui
  • Lecture de La chute de la défense, nouvelle du recueil “Nos Futurs”, de Catherine Dufour, par Tiphaine de Rocquiny 
  • Singapour, des gratte-ciels anti-pollution, FranceTV Info, 27 juillet 2018

Références musicales

Références

L'équipe

François Richer
Réalisation
Thibaut Mommeja
Production déléguée
Aliette Hovine
Collaboration