La bataille de Lépante,  octobre 1571
La bataille de Lépante,  octobre 1571 ©Getty - Ann Ronan Pictures/Print Collector/Getty Images
La bataille de Lépante, octobre 1571 ©Getty - Ann Ronan Pictures/Print Collector/Getty Images
La bataille de Lépante, octobre 1571 ©Getty - Ann Ronan Pictures/Print Collector/Getty Images
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Des cités italiennes à la pointe de Majorque, les échanges commerciaux vont bon train sur la Méditerranée. De la fin du Moyen Âge au XVIIIe siècle, marchands et capitaines prennent le large, défiant les conflits, dans l’espoir de profits…

Avec
  • Guillaume Calafat Historien, maître de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
  • Ingrid Houssaye Michienzi Historienne, chargée de recherche au CNRS
  • Silvia Marzagalli Professeure d’histoire moderne à l’Université Côte d’Azur

Fernand Braudel affirme dans son ouvrage de 1949, "La Méditerranée et le Monde méditerranéen à l'époque de Philippe II" que : "Ce n’est pas l’eau qui lie les régions de la Méditerranée, mais les peuples de la mer [. . .] La Méditerranée n’a d’unité que par le mouvement des hommes, les liaisons qu’il implique, les routes qui le conduisent".

De la fin du Moyen Âge à l’avènement du XVIIIème siècle, la mer Méditerranée voit de nouvelles stratégies économiques émerger, des compagnies commerciales prendre des proportions tentaculaires, des capitaines devenir de véritables hommes d’affaires : c’est que la Méditerranée est vaste, et les occasions de profits foisonnantes. À condition d’afficher le bon pavillon par gros temps : les tensions politiques rendent les voyages périlleux, instaurant une économie du risque où protection diplomatique et réseau d’affaire bien entretenus sont la clef du succès.

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XIVe et XVe siècles, de la puissance italienne à la puissance ottomane, commercer au-delà des appartenances nationales

Selon Ingrid Houssaye "au début du Moyen-Age, les cités italiennes ont déjà commencé leur expansion maritime, notamment vers le Maghreb, avec les républiques maritimes telles que Pise, Amalfi, Gênes et Venise et les croisades vont leur permettre de s'avancer vers le levant méditerranéen. Bien au-delà du transport des troupes, il y a du transport de marchandises et également de produits illicites". Par ailleurs, à cette époque, on assiste aussi a beaucoup de cabotages et d'échanges de proximité, Guillaume Calafat précise "il y a une myriade de petits navires qui vont jouer un rôle très important dans l'économie de la Méditerranée. Ces embarcations de petit et moyen tonnage font du commerce de port en port et tisent les différentes régions de la Méditerranée entre elles". Ingrid Houssaye complète "Majorque, île centrale en Méditerranée, est une plateforme de première ordre, voie d'entrée vers l'Afrique, et une zone de redistribution. On pourrait la comparer à un Hub contemporain, centre d'import/export. Les grandes lignes de navigation desservaient le port Majorque et déchargeaient les marchandises et ensuite de petites embarcations les distribuaient dans l'espace ibérique et africain.

XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, le retour des puissances étatiques au nom du mercantilisme

Au XVIe siècle, on assiste à une recomposition du commerce méditerranéen. Selon Silvia Mazargalli "à partir des années 1540 les Amériques deviennent intéressants pour les Espagnols, de très nombreuses mines d'argent sont découvertes et exploitées et font affluer en Europe une grande quantité d'argent. Cette atlanticisation de l'économie européenne déplace le cœur des échanges porteurs vers l'Atlantique, au profit de la Grande-Bretagne, de la Hollande et de la France".

Bibliographie

  • Guillaume Calafat, Une mer jalousée. Contribution à l’histoire de la souveraineté (Méditerranée, XVIIe siècle), Seuil, 2019.
  • Ingrid Houssaye Michienzi, Datini, Majorque et le Maghreb (14e-15e siècles). Réseaux, espaces méditerranéens et stratégies marchandes, Leyde, Brill, 2013
  • Francesca Trivellato, Corail contre diamants : réseaux marchands, diaspora sépharade et commerce lointain : de la Méditerranée à l'océan Indien, XVIIIe siècle, Seuil, 2016
  • David Abulafia, La Grande Mer, Belles Lettres, 2022
  • Programme de recherche  ANR PORTIC

L'équipe

Tiphaine de Rocquigny
Tiphaine de Rocquigny
Aliette Hovine
Production déléguée
Somaya Dabbech
Réalisation
Vivian Lecuivre
Réalisation
Mathilde Thon-Fourcade
Collaboration
Laurence Jennepin
Collaboration
Diane de Vanssay
Collaboration
Margot Bolotny
Stagiaire