La Bataille des Lapithes et des Centaures, Sebastiano Ricci, vers 1700 -  Sebastiano Ricci
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Résumé

Dans le cadre de la journée "Que faisons-nous du débat public ?" organisée par France culture, nous nous intéressons au modèle économique du clash qui semble s'installer progressivement dans le paysage médiatique.

avec :

Eric Brousseau (économiste, directeur scientifique de la Chaire Gouvernance et Régulation et du Club des Régulateurs et professeur d’économie et management ainsi que directeur de l'Ecole Doctorale à l’Université Paris-Dauphine), Sylvain Parasie (sociologue, maître de conférence à l’Université Paris-Est / Marne-la-Vallée, co-auteur avec Jean-Samuel Beuscart et Éric Dagiral de « Sociologie d’internet » ed. Armand Colin.), Anne Bellon (politiste, maîtresse de conférence à l'Université de Technologie de Compiègne, spécialiste des politiques numériques et de la régulation d’Internet.).

En savoir plus

“Foxisation” de l’information sur les plateaux télé, polémiques incessantes et propos volontairement outranciers : comment comprendre cette évolution de la qualité du débat public ? « Ce ne sont plus des lieux de débats, mais d’affrontements. On veut tuer l’autre, à coups d’assertions. C’est très dur d’avoir un débat contradictoire. C’est un mauvais climat. Ce n’est pas un match de boxe, mais un combat de rue. Sur un ring, il y a des règles, pas dans la rue, regrette Eduardo Rihan Cypel, ancien porte-parole du Parti socialiste. Pourtant, poursuit-il, il faut y aller pour être audible. » 

En France, les barrières médiatiques existent encore. - Sylvain Parasie

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Selon un sondage Opinionway, 87% des Français ont le sentiment que dans les médias, on privilégie davantage la polémique que le débat constructif. Mais les chiffres d'audience auraient tendance à faire penser que l'importance que prend le clash n'est pas pour leur déplaire. Car cette stratégie semble être payante : là où il y a du spectacle, il y a des spectateurs. Dans ce contexte, l’entrée « polémique » dans le Dictionnaire du journalisme de Jacques LeBohec est significative : « dispute publique que nombre de journalistes adorent relayer et attiser. Voire créer, parce que c’est spectaculaire et que cela « fait vendre », au risque de simplifier outrageusement les enjeux et les problèmes.” 

Une partie des utilisateurs d’Internet s’enferment dans des bulles informationnelles. Ce sont des endroits où il n’y a pas de débat et où se développe le phénomène des « fake news ». – Eric Brousseau

Derrière l’organisation éditoriale d’un débat se cachent en effet des enjeux de course à l’audience dans un contexte où la concurrence est rude : l’explosion des supports et des intermédiaires de l’information ces dernières années semble avoir accéléré le processus.

Il y a une pluralité d’espaces de discussions qui existent. Il est difficile de poser un constat uniforme sur la qualité du débat public. - Anne Bellon

Pour y voir plus clair dans ces nouvelles tendances, nous avons fait appelle à trois spécialistes : Sylvain Parasie, professeur de sociologie à Sciences Po, Anne Bellon, politiste, maîtresse de conférence à l'Université de Technologie de Compiègne, spécialiste des politiques numériques et de la régulation d’Internet et Eric Brousseau, économiste, directeur scientifique de la Chaire Gouvernance et Régulation et du Club des Régulateurs et professeur d’économie et management ainsi que directeur de l'Ecole Doctorale à l’Université Paris-Dauphine. 

Références

L'équipe

Tiphaine de Rocquigny
Tiphaine de Rocquigny
Antoine Jourdan
Collaboration
Léa Sabourin
Collaboration
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Production déléguée
Philippe Baudouin
Réalisation
Aliette Hovine
Collaboration
Anne Depelchin
Réalisation