Serie Narcos - Saison 1
Serie Narcos - Saison 1 - Netflix
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Comment Pablo Escobar parvient-il à organiser et à contrôler de bout en bout le marché de la cocaïne, de la production à la distribution ?

Avec
  • Diana Villegas maîtresse de conférence en Droit privé et en sciences criminelles à l’Université Panthéon Assas
  • Luis Rivera Velez Doctorant au CERI, enseignant à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine et à Sciences Po

Dans les années 1980, le colombien Pablo Escobar, baron de la drogue, met en place le trafic de cocaïne entre l’Amérique centrale et les Etats-Unis, pays consommateur de sa marchandise. Organisant de bout en bout la chaîne d’approvisionnement, de la production à la distribution, Pablo Escobar s’enrichit de manière exponentielle et devient rapidement l’homme le plus riche du monde. L'efficacité et la rentabilité de son système économique reposent sur une organisation très hiérarchisée, celle des cartels (Escobar est à la tête du cartel de Medellin), qui lui permet de contrôler chaque étape du trafic. Profitant du caractère hors du commun de la biographie d’Escobar, la série Narcos propose un récit basé sur un canevas réaliste, assez commun dans les films et séries sur le trafic de drogue.

"Narcos" et l’organisation du marché de la cocaïne : la domination d’une économie souterraine

Le commerce de la cocaïne commence à se développer au moment où les chocs pétroliers du début des années 1970 touchent l’économie mondiale et les pays latino-américains. Selon Diana Villegas "dans les années 80 et 90, la ville de Medellin était un centre économique assez important qui commençait à s'industrialiser et c'est avec la commercialisation de la cocaïne qu'on assiste à un basculement vers une économie libérale. Les investissements dans la construction et dans l'immobilier vont doubler en l'espace de cinq ans grâce à l'arrivée du dollar, issu du blanchiment d'argent d'exportation de la cocaïne". Par ailleurs Luis Rivera Velez ajoute "à cette époque, il y a un marché qui se consolide vis-à-vis de cette substance, il y a beaucoup de demande venant des Etats-Unis et Pablo Escobar réussit à rassembler toute la chaîne de la production. Il achète la pâte de coca dans les pays andins comme le Pérou ou la Bolivie, il la transforme en Colombie et pose directement à Miami et à New-York".

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Face à un trafic devenu tentaculaire, la mobilisation internationale : "Narcos" une série américaine sur la Colombie

Dans les années 1980, les narcotrafiquants deviennent extrêmement puissants et les autorités publiques commencent à s’emparer du problème. Une mondialisation mafieuse se met en place et ce sont des montagnes de dollars qui passent entre les Etats-Unis et la Colombie.  Cet argent est en partie blanchi dans les secteurs légaux de l'économie, avec notamment le cartel de Cali, qui crée une grande chaîne de pharmacie, Luis Rivera Velez précise "avec le cartel de Cali on voit une institutionnalisation du blanchiment d'argent, avec la mise en place d'industries légales à partir desquelles le blanchiment est plus facile". Selon Diana Villegas, "ce marché génère beaucoup de profits et il a créé énormément d'emplois et a soutenu, en quelque sorte, l'économie des années 90. À tel point qu'à la fin des années 90, il y a une crise économique à la suite de la chute de l'empire du cartel de Medellin, puis du cartel de Cali"

Références sonores

  • Extrait de Narcos, saison 1, épisode 1, Netflix, sur la musique « He is home », de Pedro Bromfman (extrait de la bande originale de Narcos)
  • Extrait de Narcos, saison 1, épisode 8, Netflix
  • Extrait de Narcos, saison 1, épisode 4, Netflix, sur la musique « Agent Murphy », de Pedro Bromfman (extrait de la bande originale de Narcos)
  • Discours du président colombien Gustavo Petro

Références musicales

« Tuyo », de Rodrigo Amarante
« Probable cause », de Vinyl Williams

Bibliographie

L'équipe

Tiphaine de Rocquigny
Tiphaine de Rocquigny
Aliette Hovine
Production déléguée
Somaya Dabbech
Réalisation
Vivian Lecuivre
Réalisation
Mathilde Thon-Fourcade
Collaboration
Laurence Jennepin
Collaboration
Diane de Vanssay
Collaboration
Margot Bolotny
Stagiaire