Les enfants sont de plus en plus exposés aux écrans pour leurs activités ludiques ou scolaires; qui prennent ainsi une place structurante dans leur quotidien.
Les enfants sont de plus en plus exposés aux écrans pour leurs activités ludiques ou scolaires; qui prennent ainsi une place structurante dans leur quotidien. ©Getty - Max Mumby/Indigo
Les enfants sont de plus en plus exposés aux écrans pour leurs activités ludiques ou scolaires; qui prennent ainsi une place structurante dans leur quotidien. ©Getty - Max Mumby/Indigo
Les enfants sont de plus en plus exposés aux écrans pour leurs activités ludiques ou scolaires; qui prennent ainsi une place structurante dans leur quotidien. ©Getty - Max Mumby/Indigo
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Jeux vidéos, smartphones, réseaux sociaux, ... la numérisation se poursuit, entrainant dans son sillage de plus en plus d'enfants, aujourd'hui devenus de véritables cibles marketing pour les géants du numérique. L'exposition massive des enfants aux écrans est-elle vraiment sans danger?

Pourquoi les enfants sont-ils de plus en plus rivés aux écrans ?

Les sociologues contemporains, confrontés à la crise de la famille, à la survalorisation de "l'enfant-roi" et aux effets de la baisse de la natalité, ont cherché dans l'histoire les prémisses ou les causes des évolutions actuelles. En affirmant que "la jeunesse n’est qu’un mot", Pierre Bourdieu lançait une invitation à retracer l’histoire de l’invention de cette catégorie. De catégorie pour les sciences sociales, l’enfance devient aujourd'hui une véritable cible marketing, qui n'échappe pas aux géants du numérique.

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Le numérique apparaît alors comme un danger, accusé, par exemple, d’être le "mal du siècle" par des députés qui travaillent sur une proposition de loi à ce sujet.

Lorsque l’on souligne les dangers du numérique, il convient de revenir un peu en arrière. Depuis les débuts de la télévision, les parents ont volontiers confié leurs enfants aux écrans. Dans un article, De Televisius à Gulli : l'invention des enfants de la télé (1949-2005), l’historienne Géraldine Poels s’intéressait à la façon dont la télévision a contribué à (ré)inventer les enfants et l’enfance en France, dans la seconde moitié du XXe siècle. Aussi écrit-elle : "Aucune catégorie de téléspectateurs n’a suscité autant de discours et d’études que les enfants, car ce public cristallise toutes les inquiétudes" étant donné que c'est durant son enfance qu'un individu se construit et développe des compétences cognitives ou sensorielles qui lui seront indispensables tout au long de sa vie.

Dans le secteur de la télévision, on peut noter, d'une part, "l’invention du public enfantin" :  avec la difficulté à le définir et donc à lui proposer des programmes "ciblés" et d’autre part, le poids des discours normatifs sur ce qui est bon ou non pour les enfants. Ce type de réflexion peut être indéniablement prolongé avec les outils numériques contemporains comme les jeux vidéos, plateformes vidéos, réseaux sociaux, ainsi qu'au travers des stratégies utilisées par les géants du numérique pour capter l'attention des tout petits.

Les écrans sont dorénavant largement présents dans leur quotidien étant donné qu'un nombre important de ménages sont aujourd'hui équipés d’ordinateur, de téléviseur, de téléphone portable et d’une connexion internet.
Pourtant, les attitudes face aux écrans divergent selon les familles et les valeurs  éducatives : à 2 ans, 9 % des enfants n’en consomment aucun, tandis que 4 % d’entre eux en consomment quotidiennement 3 ou 4 (télévision, ordinateur ou tablette, smartphone et jeux vidéo)en 2019 selon une étude menée par le Ministère de la Culture, illustrant la nécessité de mieux comprendre l'impact des écrans sur le développement futur de l'enfant et à adapter les politiques en fonction des publics. Il s'agit aussi de se questionner sur la légitimité des activités commerciales des grandes entreprises de la tech autour de leur volonté de directement cibler le jeune public.

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L'exposition de plus en plus massive des jeunes enfants aux écrans constitue ainsi un véritable enjeu de santé publique majeur qu'il est aujourd'hui nécessaire d'aborder.

Quels usages les enfants font-ils du numérique aujourd’hui ? De quelle manière les entreprises essaient-elles de cibler ce public, de capter leur attention et de monétiser cette audience ? A l'image de la volonté de développer un Instagram destiné aux enfants de la part de Facebook, comment les GAFA cherchent à renforcer l'intérêt des enfants pour leurs produits?

Pour répondre à l'ensemble de ces questions, nous avons le plaisir de recevoir en studio Marie Danet, psychologue clinicienne, et maîtresse de conférences à l'Université de Lille et Anne Cordier, professeure des universités en sciences de l'information à l’Université de Lorraine et chercheuse au centre de recherche sur les médiations en duplex.

Références sonores 

  • Les enfants et la télévision : identification des risques représentés et contrôle parental, ORTF, 30 décembre 1965
  • Témoignage de Jessica, 34 ans qui a été accompagnée par l'asso Joue Pense Parle, France Culture, 2017
  • Extrait du film "Ready player one" de Steven Spielberg (2017)
  • Réseaux sociaux, collège le Racinay dans les Yvelines, France Culture, 22 octobre 2021
  • Swan prépare un délicieux Barbecue pour un invité surprise, Kids Pretend Play Barbecue BBQ, chaine Youtube Swann et Noé

Références musicales 

Cat Power – Hate (2011)

Trop de peine - La femme (2021)

L'équipe

Tiphaine de Rocquigny
Tiphaine de Rocquigny
François Richer
Réalisation
Thibaut Mommeja
Production déléguée
Aliette Hovine
Collaboration
Mathilde Thon-Fourcade
Collaboration