Rentrée sociale : pas de chômage pour les syndicats

Une première journée de mobilisation a eu lieu le jeudi 17 septembre, contre les suppressions d'emplois et pour des hausses de salaires, au moment où se multiplient restructurations et plans sociaux.
Une première journée de mobilisation a eu lieu le jeudi 17 septembre, contre les suppressions d'emplois et pour des hausses de salaires, au moment où se multiplient restructurations et plans sociaux. ©AFP - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
Une première journée de mobilisation a eu lieu le jeudi 17 septembre, contre les suppressions d'emplois et pour des hausses de salaires, au moment où se multiplient restructurations et plans sociaux. ©AFP - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
Une première journée de mobilisation a eu lieu le jeudi 17 septembre, contre les suppressions d'emplois et pour des hausses de salaires, au moment où se multiplient restructurations et plans sociaux. ©AFP - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
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Alors que la Covid est venue bouleverser l’emploi et que les plans sociaux se multiplient, alors que le gouvernement met en place un plan de relance qui déverse des milliards d’euros dans l’économie et surtout dans les entreprises, les syndicats peuvent-ils encore participer à la gouvernance ?

Avec
  • Marie-Laure Dufresne-Castets avocate en droit du travail
  • Stéphanie Matteudi présidente de ADDS, Arts du Dialogue social, spécialiste des questions de droit du travail, relations sociales et droit syndical
  • Jean-Marie Pernot politologue, chercheur à l'Institut de Recherches Economiques et Sociales (Ires)

Aujourd'hui, c’est l’actualité sociale qui retient notre attention. Les syndicats ont appelé à manifester jeudi dernier pour dénoncer la multiplication des plans sociaux. Dernière annonce en date : la fermeture de l’usine de Bridgestone à Bethune. En cette rentrée tendue, que reste-t-il du dialogue social en France ? 

Aujourd'hui, nous posons la question de la place des organisations salariales dans ce contexte hors normes à nos trois invités, Jean-Marie Pernot, politologue, chercheur associé à l'Institut de Recherches Economiques et Sociales (Ires), Marie-Laure Dufresne-Castets, avocate en droit du travail et Stéphanie Matteudi, juriste, directrice d'Arts du Dialogue social (ADDS).

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La question fondamentale est celle de savoir si, dans l’entreprise, la direction et les salariés ont les mêmes intérêts. Non : ils ont des intérêts qui sont opposés. Les uns sont là pour faire travailler les autres ; les uns dominent et les autres sont subordonnés. Il y a les propriétaires et il y a les producteurs : ça n’a pas changé ! - Marie-Laure Dufresne-Castets

Il y a une difficulté dans l’histoire du syndicalisme français qui est que l’État veut systématiquement prendre par lorsqu’il y a un problème au sein d’une entreprise ; il veut se mêler de choses qui ont lieu entre la direction et les syndicats. En tentant de sauver politiquement l’entreprise, il offre cette solution qui peut poser question. - Stéphanie Matteudi

JMP : Si on avait, à côté des conseils d’administration, des apporteurs de capitaux ou des conseils du travail avec les représentants des salariés qui faisaient contrepoids au sein de l’entreprise, peut-être que l’on pourrait déplacer un peu le pouvoir sans partage qui règne au sein des grandes multinationales. Les syndicats ont des propositions là-dessus ; le problème c’est qu’ils n’arrivent pas à les travailler et les affirmer ensemble, à trouver des compromis entre eux, ce qui fait que ce genre de voix est disséminée et elles n’arrivent pas à peser dans les débats. - Jean-Marie Pernot

Références sonores

  • Extraits d'une interview de Philippe Martinez sur LCI et d'une interview de Yves Veyrier sur Europe 1
  • Extrait d'une interview de Laurent Berger

Références musicales

  • Easy / Troye Sivan

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