Une valise pleine d'héroïne saisie par la police ©Getty -  Fairfax Media Archives
Une valise pleine d'héroïne saisie par la police ©Getty - Fairfax Media Archives
Une valise pleine d'héroïne saisie par la police ©Getty - Fairfax Media Archives
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Résumé

Le trafic de drogue fait passer d'importantes sommes d'argent dans certaines cités. Quels sont les impacts économiques et sociaux de ces activités illicites, qui permettent l'ascension fulgurante de certains tout en tirant les autres vers le bas ?

avec :

Claire Andrieux (Claire Andrieux, journaliste indépendante, ancienne spécialiste police-justice à RMC), Nacer Lalam (économiste, chef du département études et recherches à Institut national des hautes études de la Sécurité et de la Justice.).

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La France est l’un des pays où l’on consomme le plus de drogues, et ce malgré les politiques répressives mises en place par les gouvernements successifs. Cette activité criminelle, si elle a une dimension internationale - la France ne produit pas ce qu’elle consomme - se concentre à un niveau national dans certaines banlieues, marquées par la pauvreté. Dans ces cités délaissées, la vie des habitants est largement affectée par le trafic de stupéfiants. Les milliards d’euros qui y sont brassés sont le gagne-pain de certains, mais plongent aussi ces territoires dans un cycle de violence qui peine à être maîtrisé par les pouvoirs publics.

Tous les indicateurs montrent une évolution à la hausse de l'économie du marché de la drogue : tant la consommation que le prix et la production. - Claire Andrieux

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Au total, le marché des drogues illicites représentait environ 2,3 milliards d'euros en 2010 soit environ 0,1% du PIB. Selon Claire Andrieux, au moins 236 000 personnes en France vivent directement ou indirectement de l’économie de la drogue ; le gros de la masse salariale concernant les équipes les plus proches des services de distribution, à savoir, les coupeurs, nourrices, guetteurs ou petits vendeurs, des fonctions pour lesquelles il y a un fort "turn over" et dont les rémunérations sont en général assez faibles.

Il y a un côté de mirage dans cette histoire : il y a beaucoup de candidats, mais peu d'élus. - Nacer Lalam

Les sommes d'argent qui circulent dans ces milieux ne se traduisent donc pas par des emplois stables et financièrement intéressants pour l'immense majorité des trafics. En plus de la précarité économique, la fragilité sociale qui mine ces milieux est un facteur aggravant. Entre la prison et la difficulté de se reconvertir dans l'économie légale, le trafic de drogue rend captifs les usagers comme les vendeurs.

Pour mieux comprendre les enjeux socio-économiques du marché des produits illicites dans les cités, nous avons fait appel à deux spécialistes de la question : Nacer Lalam, économiste, chef du département études et recherches à Institut national des hautes études de la Sécurité et de la Justice et Claire Andrieux, journaliste indépendante, ancienne spécialiste police-justice à RMC.

Références

L'équipe

Tiphaine de Rocquigny
Tiphaine de Rocquigny
Antoine Jourdan
Collaboration
Léa Sabourin
Collaboration
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Production déléguée
Philippe Baudouin
Réalisation
Aliette Hovine
Collaboration
Anne Depelchin
Réalisation