Un couple de Parisiens, travaille à distance pendant la période de confinement du coronavirus (Covid-19).
Un couple de Parisiens, travaille à distance pendant la période de confinement du coronavirus (Covid-19). ©AFP - Xavier Leoty
Un couple de Parisiens, travaille à distance pendant la période de confinement du coronavirus (Covid-19). ©AFP - Xavier Leoty
Un couple de Parisiens, travaille à distance pendant la période de confinement du coronavirus (Covid-19). ©AFP - Xavier Leoty
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"Esprit de Justice" s'intéresse cette semaine à l'impact de la pandémie du Covid-19 sur l'exercice du travail des individus et sur le droit régissant celui-ci.

Avec
  • Frédéric Géa Professeur de droit du travail à l’université de Lorraine
  • Diane Bernard Juriste et philosophe, professeure à la Faculté de droit de l’Université Saint-Louis à Bruxelles

Télétravail, valorisation des métiers sanitaires, activités essentielles ou non-essentielles : la crise sanitaire a bouleversé notre rapport au travail - et donc également le droit du travail. Dans quel sens ? Tout se passe comme si cette crise avait accéléré des tendances présentes déjà avant elle, comme le dialogue social ou la transition collective ; mais d’autres voies, plus audacieuses peut-être, n’ont pas été explorées. 

Esprit de justice propose de faire le point sur ces questions en compagnie de Diane Bernard, professeure aux Facultés Saint-Louis à Bruxelles, et Frédéric Géa, professeur de droit du travail à l’Université de Lorraine.

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Je crois qu'il faut d'abord rappeler que toute crise exacerbe des tendances déjà à l'oeuvre tout en engendrant des déplacements et parfois en opérant des ruptures. On peut se demander si la Covid affaiblit le travail, le cas échéant, en touchant d'abord les populations les plus fragiles. Elle nous met sous pression, ça, c'est sûr, jusqu'à se poser la question de savoir si elle peut tuer le travail ou certaines formes de travail. Frédéric Géa

Je voudrais vraiment revenir sur cette idée des inégalités qui se sont creusées. Il me semble que, même au sein des milieux professionnels ou des secteurs qui sont restés actifs et même submergés, (on pense évidemment aux hôpitaux, mais aussi, par exemple, aux supermarchés), toutes les études que j'ai pu consulter montrent que l'ensemble des salariés n'a pas vécu la crise sanitaire ou la façon dont elle a été gérée de la même façon. Diane Bernard

Références évoquées pendant l'émission

  • Page wikipédia de Franck Fischbach, philosophe ayant travaillé notamment sur la philosophie sociale à partir de questions telles que l'aliénation, la reconnaissance ou le travail.
  • Page personnelle d'Isabelle Ferreras, sociologue, professeure à l'Université catholique de Louvain (Belgique), qui formule notamment l’hypothèse que les entreprises seraient mieux comprises comme des entités politiques ; et sa page wikipédia (en anglais).
  • Page de Christophe Dejours (site du CNAM - Conservatoire National des Arts et Métiers), psychiatre, psychanalyste et professeur de psychologie, spécialiste en psychodynamique du travail et en psychosomatique au CNAM ; et sa page wikipédia.
  • Page d'Yves Clot (site de Babelio), professeur de psychologie du travail, titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM, auteur récemment (avec Jean-Yves Bonnefond, Antoine Bonnemain et Mylène Zittoun) de Le prix du travail bien fait : la coopération conflictuelle dans les organisations (La Découverte, avril 2021).
  • Deuxième édition du Baromètre de la formation et de l’emploi 2021 (site Centre Inffo / CSA) montrant notamment que c’est près de la moitié des actifs qui pensent changer d’emploi à plus ou moins long terme (49%) et un tiers (33%) qui pensent changer d’emploi dans les deux ans à venir.
  • Page d'Antoine Bailleux (site de l'université Saint-Louis - Bruxelles), professeur de droit à l’Université Saint-Louis et avocat au barreau de Bruxelles. Et aussi la référence d'un de ses récents ouvrages (Presses de l'Université Saint-Louis, septembre 2020) Le droit en transition : les clés juridiques d'une prospérité sans croissance (texte intégral disponible sur le site openEditions books).
  • Page d'Alexandre Lacroix (site personnel), écrivain, philosophe, journaliste et directeur de la rédaction de Philosophie Magazine. A propos de son récent ouvrage Microréflexions : 70 invitations à philosopher (Flammarion, avril 2021).
  • Page wikipédia de Richard Horton, rédacteur en chef de The Lancet, journal médical britannique, depuis 1995 qui parle de syndémie à propos de la pandémie, à savoir ce qui caractérise un entrelacement de maladies, de facteurs biologiques et environnementaux qui, par leur synergie, aggravent les conséquences de ces maladies sur une population. Article Le Covid-19 n’est pas une pandémie à lire, en français (site Les amis de Bartleby) et en anglais (site de The Lancet, septembre 2020).
  • De même, Barbara Stiegler (page wikipédia), philosophe, professeure à l’Université Bordeaux Montaigne et directrice du Master Soin, éthique et santé a publié un texte Tracts n°23 (Gallimard, janvier 2021) De la démocratie en pandémie, qui explique que la situation que nous vivons est finalement totalement non démocratique .
  • A parcourir, un très bon article de Julien Vernaudon (Médiapart, 15 janvier 2021), Pandémie, Syndémie, Démocratie qui résume toutes ces notions et points de vue sur la démocratie et la pandémie.
  • Page d'Amartya Sen (wikipédia), économiste et philosophe indien, prix Nobel d'économie en 1998 pour ses contributions à l'économie du bien-être.
  • Page de Martha Nussbaum (wikipédia), philosophe américaine qui s'intéresse particulièrement à la philosophie antique, au droit et à l'éthique.

Pour en savoir plus

Sur Diane Bernard
La page de présentation de Diane Bernard disponible sur l’annuaire en ligne Expertes France.      • Les publications de Diane Bernard disponibles sur Cairn.info.
La page du Séminaire interdisciplinaire d'études juridiques, dont elle est directrice.
La page web de Fem and L.a.w, une association de femmes juristes féministe dont Diane Bernard est membre.
“Symbolique et lien social, le droit comme tiers“ une intervention de Diane Bernard lors du Séminaire interdisciplinaire d’études juridiques de l’Université Saint Louis de Bruxelles (02/2019).
"Pourquoi incriminer le féminicide, comment lutter contre les violences faites aux femmes ?" un colloque de Diane Bernard pour la Fédération des Amis de la Morale Laïque - Bruxelles (11/2019).

La crise a eu des effets asymétriques et, plus encore, elle a amplifié les écarts préexistants. Et il me semble que la situation des femmes par rapport à ça est particulièrement révélatrice. Pourquoi ? Parce que les femmes sont surreprésentées dans les milieux qui ont été les plus affectés : dans la restauration, l'hôtellerie, bien sûr, certains secteurs de l'industrie aussi, les institutions culturelles, le nettoyage à domicile, bien entendu, et leur taux de chômage a explosé. Diane Bernard

Sur Frédéric Géa
" Frédéric Géa, nouveau directeur de l'Institut François Geny" une présentation du professeur par l'Université de Lorraine.
Les publications de Frédéric Géa disponibles sur le site web Dalloz Actualité.
• " À quoi sert le droit du travail ?"  Un podcast de Frédéric Géa disponible sur la plateforme Amicus.
Un article du quotidien L'Est Républicain à propos de "Retour sur les ordonnances Macron : un nouveau droit du travail ?" un ouvrage dirigé par Frédéric Géa publié en 2020 aux Éditions Dalloz.
 

Ce qui est sûr, c'est que la covid a frappé de façon tout à fait inégale le territoire français. Toutes les régions ne sont pas touchées de la même manière par la crise et par ses effets économiques. [...] On voit bien que les secteurs d'activité ne sont pas touchés de la même manière. Certains sont frappés très durement. Je pense au tourisme, à l'hébergement et la restauration, à la culture, à l'événementiel, au sport. Mais d'autres s'en tirent plutôt bien comme l'industrie pharmaceutique, le commerce alimentaire de détail, les télécoms. Frédéric Géa

Extraits musicaux 

Morceau choisi par Diane Bernard :  "J'en ai marre" interpreté par Mistinguett (1922) - Composé par Albert Willmetz et George Arnoult - Label : Parlophone.

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Morceau choisi par Frédéric Géa : "Youngstown (Live at Madison Square Garden)" par Bruce Springsteen & The E Street Band - Album: Live in New York City (2001) - Label : Columbia.

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