Grand-mère et sa petite-fille, réunies par le conte
Grand-mère et sa petite-fille, réunies par le conte ©Getty - © Mayur Kakade / Collection Moment
Grand-mère et sa petite-fille, réunies par le conte ©Getty - © Mayur Kakade / Collection Moment
Grand-mère et sa petite-fille, réunies par le conte ©Getty - © Mayur Kakade / Collection Moment
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« Il était une fois »… « Macahu » (en langue kabyle), la figure d’un roi imaginaire qui a une fille très belle ou très laide… l’ogre ou le loup, le mariage qui conclut l’épreuve : tous ces tropes du conte semblent être universels.

Comme est universel le sens de la justice qui se dégage de la majorité de ces contes. Nous avons rendez-vous aujourd'hui avec une incarnation de cette universalité, et du conte, et de la justice, en la personne du juge Annoussamy David. Ce dernier a exercé les fonctions de juge à Pondichéry en Inde, puis à Madras où il a été juge à la Cour suprême du Tamil Nadu, et il a jugé dans en trois langues. N’y a-t-il pas plus bel exemple des liens profonds que la justice entretient avec la justesse de la traduction ?

Si les gens tiraient des leçons des contes, le monde serait bien meilleur.

On doit également à ce lettré de nombreux ouvrages savants rédigés en français, en anglais ou en Tamoul, mais aussi des contes fort nombreux puisqu’il est en train d’en publier trois cent soixante-cinq, un par jour de l’année. Dans ces contes, il est souvent question de justice, et l’on voit souvent le juge pointer le bout de son nez ! Il a publié ces contes en français : Contes et légendes de l’Inde. Livre 1 qui viennent d’être publiées chez L’Harmattan. Mais auparavant, il avait déjà publié un recueil de contes : Kélaye-Kadaye. Contes indiavins aux éditions Couleurs Métisses, la Réunion.

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Quelques réflexions d'Annoussamy David sur la culture tamoule, la justice, les contes et leur portée universelle

"Les contes sont à la base de toute culture et dans la langue tamoule, il n'y a pas d'exception. Les contes, c'est ce qui fait la culture du plus grand nombre de la population. [...] Ils sont de transmission orale même s'il y a des livres de contes aussi. Mais la transmission orale tient plus de place que la lecture des contes par les livres."

"La justice est très, très présente dans le monde tamoul et très importante. Elle intervient à tous les moments et le juge a une place privilégiée, il est très considéré dans la société (tamoule)."

"Quand j'écris un conte, c'est surtout le conte qui m'intéresse, pas tant le message qu'il véhicule. Alors, évidemment, dans tout conte, il se dégage un message plus ou moins profond, mais ce n'est pas un message précis que je veux faire passer. J'écris le conte pour lui-même, pour sa valeur, et que les gens trouvent plaisir à le lire. [...] Quand on écrit un conte, le but essentiel, c'est d'intéresser la personne qui  va l'écouter. C'est ça le but, pas tellement la morale."

"Le conte est dit, transmis d'une voix à l'autre, tel un secret familier qu'il convient de partager en toute humanité ; conte, conteur, auditeur, trois éléments d'une réalité vivante en mouvement perpétuel, partage universel, intemporel pour dire et comprendre un monde."

Pour aller plus loin

C'est quelque chose d'anodin et d'imprévu qui fait le charme des contes.

Lectures de contes par la comédienne Nathalie Kanoui

Extraits de Contes et légendes de l’Inde. Livre 1

  • 1ère lecture : La justice introuvable
  • 2e lecture : Les pattes du chat
  • 3e lecture : Les deux sosies

Extraits musicaux

  • "Brigach and Ganges" par Manfred Schoof & BarneyWilen & Irene Schweizer trio & Dewan Mothiar Trio - Album : "Jazz meets india" (1967) - Label MPS.
  • "Yaad" par Manfred Schoof & BarneyWilen & Irene Schweizer trio & Dewan Mothiar Trio - Album : "Jazz for meditation" (2007) - Label : Polydor.
  • Chanson traditionnelle indienne.
  • "La danse du bonheur" de Shakti par John McLaughlin et Shakti - Album : "A handful of beauty" (1976) - Label : Sony music.
  • "Sharavanna" par Susheela Raman - Album : "Music for crocodiles" (2005) - Label : EMI.