A l'INSEP, les infrastructures de sport cohabitent en harmonie avec la nature environnante. - Cyrille Weiner
A l'INSEP, les infrastructures de sport cohabitent en harmonie avec la nature environnante. - Cyrille Weiner
A l'INSEP, les infrastructures de sport cohabitent en harmonie avec la nature environnante. - Cyrille Weiner
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Résumé

Situé au cœur du bois de Vincennes, l'Insep, Institut national du sport, de l'expertise et de la performance est un campus de 28 hectares qui accueille les sportifs de haut niveau dans des infrastructures conçues intimement avec leur environnement.

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Tewfik Hakem s'entretient avec François Leclercq, architecte et urbaniste et Paul Laigle, architecte. Les deux architectes sont coauteurs du livre Le bois dont on fait les villes (ed. Park Books) un éloge du bois qui promeut une architecture résiliente avec pour exemples leurs réalisations récentes.

Depuis 1975, l'Insep, l'Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance est un établissement public qui possède toutes les installations nécessaires pour former les sportifs de haut niveau. La Halle Joseph Maigrot, voulue par le général De Gaulle après la débâcle française aux Jeux Olympiques de Rome en 1960, est aujourd'hui considérée comme un objet architectural dans l'air du temps. Conçue intimement avec son environnement, cette halle inspire les écoles d'architecte d'aujourd'hui, à l'instar de François Leclercq et Paul Laigle.

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En 2004, François Leclercq et Paul Laigle ont été choisis pour concevoir et construire un nouveau bâtiment à l'intérieur du site de l'INSEP. Ensuite, ils ont été chargés de réaménager ceux déjà existants dédiés aux piscines. Pour François Leclercq, l'INSEP est un institut qui est avant tout dans le bois de Vincennes, un bois qu'il considère comme " une contre-ville" qui n'est pas "uniquement un espace vert " par rapport à Paris :

"Je trouve qu'il y a tout un imaginaire passionnant dans le bois de Vincennes : c'est une ville particulière, avec ses propres événements, ses propres codes, ce bois fait 10 kilomètres carrés, soit 10% de la surface de Paris. On peut voir ça comme un bois avec des arbres, mais c'est surtout toute une vie et c'est cela qui peut nous porter à inventer un projet. (...) L'INSEP est un centre de sport mais les performances se font avec une grande discrétion, on est un peu dans un univers caché. On a beaucoup aimé cette notion entre ce bois de Vincennes qui recèle des lieux un peu bizarres et ce site qui est aussi un lieu bizarre (...). Paris est la ville normative, normée, où tout est codé de manière précise, même s'il peut y avoir des débordements mais ici, c'est une contre-ville, on ne marche pas, on court et il y a des tas de choses qui s'y passent."

Des danseuses s'entraînent dans la salle de danse du complexe Christian D'Oriola à l'Insep, Paris
Des danseuses s'entraînent dans la salle de danse du complexe Christian D'Oriola à l'Insep, Paris
- Cyrille Weiner

Les deux architectes ont acquis un savoir-faire spécifique sur le matériau bois, consolidé au travers de réalisations remarquées comme le bâtiment du lycée international Nelson Mandela à Nantes ou le lycée Jean-Baptiste Corot à Savigny-sur-Orge. A l'instar de l'INSEP, ces bâtiments nouvelle génération ont une structure et une ossature en bois qui séquestrent le carbone, remplissant ainsi l'une des conditions de la transition écologique.

Le bois serait "très en cohérence avec l'univers du sport", pour reprendre les mots de François Leclercq, il donne à l'intérieur des lieux une "atmosphère très douce et feutrée" et à l'extérieur le bois incarne "l'idée d'une relation avec la nature. (...) Notre volonté c'est de montrer que le vieillissement fait partie du bâtiment et le vieillissement du bois va bonifier le bâtiment."

En effet, Paul Laigle nous affirme qu'il y a "deux manières pour le bois de vieillir : le bois à l'intérieur va jaunir et va être encore plus dans cette esthétique confortable du bois alors qu'à l'extérieur, le bois grise et ce qui est fascinant c'est qu'au début, quand on le pose, le bois a un aspect un peu rose, un peu jaune, il n'est pas vraiment comme la forêt, avec le côté brun des troncs d'arbres. Avec le temps, ce bois se fond dans cette patine des arbres, dans cette coloration brune et du coup il y a ce renforcement très agréable entre ce bois qui s'éteint et qui s'efface à l'extérieur et ce bois à l'intérieur qui devient plus vivant, plus jaune, plus couleur miel et confortable."

Paul Laigle ajoute qu'on peut tordre une idée reçue : "on a toujours envie de protéger le bois pour qu'il ne prenne pas les intempéries mais le bois prend très bien les intempéries à partir du moment où il est bien ventilé et aéré. (...) Il ne faut pas avoir peur d'exposer le bois, il faut juste bien le mettre en œuvre pour qu'il vieillisse bien."

Paul Laigle et François Leclercq à l'Insep, Institut national du sport, de l'expertise et de la performance
Paul Laigle et François Leclercq à l'Insep, Institut national du sport, de l'expertise et de la performance
© Radio France - Tewfik Hakem

Bibliographie

Le bois dont on fait les villes, de Michèle Leloup, Cyrille Weiner, Paul Laigle et François Leclercq, ed. Park Books

Références

L'équipe

Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Production
Gwendoline Troyano
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation