La Promesse de l'Aube, centre d'accueil pour les réfugiés
La Promesse de l'Aube, centre d'accueil pour les réfugiés
La Promesse de l'Aube, centre d'accueil pour les réfugiés - (c)AIR Architecture
La Promesse de l'Aube, centre d'accueil pour les réfugiés - (c)AIR Architecture
La Promesse de l'Aube, centre d'accueil pour les réfugiés - (c)AIR Architecture
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Résumé

En bordure du bois de Boulogne, le centre d'accueil d'urgence La Promesse de l'Aube aurait dû être démantelé en 2019, trois ans après sa création. Aujourd'hui, cette cité éphémère répond toujours aux besoins humanitaires en hébergeant des sans-abris, des sans-papiers et en accueillant des réfugiés.

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Tewfik Hakem s'entretient avec Cyrille Hanappe, un des architectes du centre d'accueil d'urgence La Promesse de l'Aube, un centre géré par l'association Aurore.

Le centre d'accueil d'urgence La Promesse de l'Aube
Le centre d'accueil d'urgence La Promesse de l'Aube
- (c)AIR Architecture

Situé entre les immeubles Walter et le bois de Boulogne, le centre d'accueil d'urgence La Promesse de l'Aube a été dessiné par les architectes Guillaume Hannoun, Olivier Leclercq et Cyrille Hanappe en 2015 pour accueillir 200 personnes qui sont sans abris, sans papiers et/ou réfugiés. Dans l'année qui a suivi, la polémique a fait rage dans le quartier, à tel point que deux tentatives d'incendies ont été remarquées dans le chantier. Mais à son ouverture, une révolution complète des mentalités s'est opérée, comme nous l'explique Cyrille Hanappe

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"Il y a eu un très bon niveau d'entraide avec des gens qui venaient faire des dons, qui participaient, qui donnaient des cours. Ce sont des gens du quartier qui étaient hostiles a priori et sont très favorables a posteriori. On est en 2022, ce bâtiment a été conçu en 2015, il devait durer trois ans, et cela fait six ans qu'il est là. Il n'y a pas de manifestations particulières, d'autant plus qu'il y a un nouveau regain d'attention par rapport à la question de l'exil, des réfugiés et des migrants. Peut-être qu'avec la guerre en Ukraine, la proximité culturelle plus forte avec certaines personnes peut permettre à ces mêmes personnes de comprendre d'autres choses sur d'autres migrants qu'ils rejetaient avant. En tout cas c'est que j'espère."

En savoir plus : Colère dans le 16ème (la suite)

Attachés au développement durable, les architectes ont fait de ce centre d'accueil d'urgence un bâtiment démontable composé de différentes essences de bois, de différentes couleurs pour avoir des façades animées "qui ne racontent pas un centre d'hébergement" et qui montrent "un immeuble vivant et plein de vie" pour reprendre les mots de Cyrille Hanappe :

"Le bois est le matériau d'aujourd'hui et de l'avenir en France et dans le monde (...) c'est un matériau qui doit être redécouvert, il a été supplanté au 20e siècle par le béton. Aujourd'hui on sait que le béton est un énorme producteur de carbone qui arrache du sable partout sur la planète. (...) Le bois marche bien avec les logiques de développement durable, c'est un matériau parfaitement pérenne qui a des qualités isolantes. Et c'est un matériau vivant, respirant et léger à travailler. Je suis praticien architecte et pourtant ça demeure difficile d'imposer le bois : beaucoup de maîtres d'ouvrage n'en veulent pas et le marché est structuré d'une manière telle que la construction en bois est encore un tout petit peu plus chère que la construction en béton."

Références

L'équipe

Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Production
Gwendoline Troyano
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation