Les Espaces Abraxas, la cité créée par Ricardo Bofill, photographiée en 1988
Les Espaces Abraxas, la cité créée par Ricardo Bofill, photographiée en 1988 ©Getty - Ullstein Bild
Les Espaces Abraxas, la cité créée par Ricardo Bofill, photographiée en 1988 ©Getty - Ullstein Bild
Les Espaces Abraxas, la cité créée par Ricardo Bofill, photographiée en 1988 ©Getty - Ullstein Bild
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A Noisy-le-Grand, Les Espaces d'Abraxas incarnent un des derniers vestiges des utopies des années 1970, à une époque où l'on rêvait de mixité sociale dans l'habitat. Cette cité atypique, qui a servi de décor rétro-futuriste pour des films dystopiques, attire des curieux du monde entier.

Conçu par l'architecte espagnol Ricardo Bofill, cette cité monumentale regroupe 600 logements répartis dans trois bâtiments atypiques : le Théâtre, l'Arc et le Palacio. Fait de béton couleur ocre, de style olympien et stalinien, cet ensemble immobilier, qui a survécu à sa réputation de quartier difficile, a failli être rasé. Ses bâtiments, qui donnent l'impression d'être dans un espace fermé, sont pourtant visités par des personnes venant du monde entier, en particulier les artistes, les étudiants en architecture ou encore les cinéphiles.

Une utopie en chair et en béton

Pour Elodie Bitsindou, doctorante en histoire de l'art et de l'architecture, Les Espaces d'Abraxas ont été l'élément déclencheur de ses études en architecture et en histoire de l'art :

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J'ai grandi à Noisy-le-Grand, et quand on venait faire nos courses aux arcades avec mes parents, on passait en hauteur et on avait cette vue plongeante sur les coursives du Palacio, je me souviens encore de la sensation que ça me provoquait. J'étais à la fois fascinée, terrifiée, et c'est une sensation que j'ai gardée toute ma vie. Elodie Bitsindou

Portraits de Elodie Bitsindou (à gauche), Laurent Kronental (au milieu) et de Linda et Yann (à droite)
Portraits de Elodie Bitsindou (à gauche), Laurent Kronental (au milieu) et de Linda et Yann (à droite)
© Radio France - Tewfik Hakem

Pour le photographe Laurent Kronental, cette cité regroupe plusieurs références cinématographiques de science-fiction :

Lorsque je vois ce lieu, lorsque je l'arpente, je pense à des films comme Brazil, je pense à Blade Runner de Ridley Scott, je pense à certaines inspirations du 5e élément de Luc Besson. Je pense à la musique, via les clips, puisqu'il y a cette force esthétique qui est un symbole de la banlieue parisienne, et d'une banlieue méconnue, marginalisée, qui a une poésie extraordinaire. Laurent Kronental

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La fiction plus forte que le béton

Pour Yann et Linda, un couple d'artistes qui s'y est installé depuis une poignée d'années, les Espaces d'Abraxas sont presque mieux que Gotham City :

Ce qui est magique ici, c'est qu'on se réveille le matin, on est dans un espace qui donne à la fois une impression de dystopie un peu stalinien mais en même temps on est dans un espace complètement fantastique. On vit dans une fiction, on est dans un espace imaginaire et donc c'est un moment très fort, où l'imaginaire se mélange au réel. Yann et Linda, artistes

Remerciements à Mareme Fall, conseillère municipale à Noisy-Le-Grand, habitante des Espaces d'Abraxas, pour son accueil.