Odyssée nocturne à la Grande Galerie de l’Évolution - © MNHN - 2021
Odyssée nocturne à la Grande Galerie de l’Évolution - © MNHN - 2021
Odyssée nocturne à la Grande Galerie de l’Évolution - © MNHN - 2021
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Résumé

Sans paroles, sans messages explicites, comment l’électro, qui représente 17% du marché des musiques actuelles en France peut tenter de créer, elle aussi, des récits, des imaginaires, des mythologies, au service de l’écologie ?

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Comment la musique instrumentale peut-elle prendre sa part ? Tenter de raconter, de décrire, de crier, le monde qui se dérobe sous nos pieds ? Sans paroles, sans messages explicites, comment l’électro, qui représente 17% du marché des musiques actuelles en France peut tenter de créer, elle aussi, des récits, des imaginaires, des mythologies, au service de l’écologie ?

Pour tenter de le comprendre, nous avons interrogé Erwan Castex. Plus connu sous le nom de Rone, compositeur central, humble et vibrant de la scène électro française contemporaine. Un artiste que l’on connaissait en particulier, il y a peu encore, pour ses compositions aériennes, dansantes, oniriques, sans notes politiques, à peine engagées. Aucun artiste, jamais, ne devrait être soumis à l’injonction de l’engagement. Mais la démarche de Rone, par un intérêt, une réflexion intérieure, face à la pandémie, à la conscience en éveil de ses enfants, a radicalement changé. Rone, compositeur de musique électronique, est devenu un artiste engagé.

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Sa dernière création a ainsi servi de bande son originale pour l’odyssée sensorielle, une exposition temporaire qui se tient au Muséum national d'Histoire naturelle, qui trace un voyage au plus près de milieux naturels stupéfiants, variés. Le 1er décembre dernier, alors que la nuit était tombée, les visiteurs ont pu s’engouffrer, s’immerger dans la Grande Galerie de l’Évolution. La musique de Rone les accompagnait, sous les lumières rougeoyantes. Le compositeur nous explique comment il a créé spécialement cette musique, comment la nature y est représentée.

Pour Rone, qui a aussi composé la bande originale du dernier film de Jacques Audiard, Les Olympiades, son engagement, son implication dans la cause environnementale passent d’abord par des collaborations. Il a notamment travaillé avec le collectif La Horde et avec le Ballet national de Marseille. Ensemble, ils ont monté Room with a View, au théâtre du Châtelet. Un spectacle qui raconte la perspective écrasante de l’effondrement, l’interdépendance des corps, les luttes en cours et à venir. Et qui racontait le monde qu’on voit, prédisait le monde qui vient, juste avant le tout premier confinement.

Autre collaboration : les voix, cette fois, d’Alain Damasio et d’Aurélien Barrau sont présentes dans son morceaux, "Nouveau Monde". Une autre : le clip de son morceau intitulé Esperanza, écrite et réalisée par la dessinatrice Virginie Kypriotis, qui déplie en dessins colorés le parchemin du vivant. Mais par-delà ses associations, RONE explique comment la nature peut-être elle aussi la matière première de ses compositions. Comme celle imaginée pour le Muséum d’Histoire naturelle.

"Nous ne voulions être ni moralisateur ni dans le greenwashing." explique Rone au magazine Pioche, un nouveau magazine de l’écologie. Le compositeur veut avancer, continuer d’avancer sur cette ligne de crête. Croyant et incarnant la puissance évocatrice, sensibilisatrice, de la musique électronique.

Alors, et maintenant ? Eh bien, acceptons peut-être d’être envahis. Et succombons ! A ces évocations, ces rêves, ces suggestions, habités par les sons de la nature, les cris du Vivant la parole des animaux.

55 min
Références

L'équipe

Quentin Lafay
Production
Anna Pheulpin
Collaboration