Plastiques en bouteille
Plastiques en bouteille ©AFP - J. Eid
Plastiques en bouteille ©AFP - J. Eid
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Pour la première fois, deux études ont détecté et quantifié des traces durables de micro-plastiques dans le corps humain.

En 2019, une étude publiée par l'université de Newcastle, en Australie, estimait que chacun d’entre nous ingérait chaque semaine 5 grammes de plastique, par le biais de son alimentation. Soit l’équivalent… d’une carte de crédit. Un chiffre contestable, mais une image forte et un message simple. On savait que les micro-plastiques sont tout autour de nous, on sait désormais qu’ils s’immiscent en nous.

Et Maintenant ? Pour la première fois, deux études ont détecté et quantifié des traces durables de micro-plastiques dans le corps humain. La première, publiée le mois dernier, se focalise sur le sang. Sur 22 donneurs anonymes, tous volontaires et en bonne santé, 17 avaient du plastique dans les veines. En particulier du PET, très utilisé dans la fabrication de bouteilles et de fibres polyester, et du polystyrène, très employé dans la fabrication des emballages.

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La seconde étude, parue il y a quelques jours, se concentre sur les poumons. Elle montre que parmi 13 patients britanniques, 11 avaient les poumons parasités par des micro-plastiques. Alors, comment le micro-plastique parvient à pénétrer notre corps ? Ika Paul-Pont, chercheuse en éco-toxicologie marine au Laboratoire des sciences de l'environnement marin de Brest, nous explique le chemin parcouru par ces particules microscopiques. Reflet d’une exposition multiple…

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Alors : parvenir à repérer de toutes petites particules dans le sang humain, réussir à les quantifier, dans des matrices aussi complexes… Nous sommes là, à la frontière de la recherche scientifique. Sur les 17 donneurs dont nous avons parlé, le taux moyen identifié était de 1,6 milligramme par litre de sang. Est-ce beaucoup ? Déjà trop, on s’en doute. Mais ces particules, 70 fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu, sont-elles dangereuses ? Malheureusement, pas de réponse franche ce matin, car nous manquons encore de recul. Si nous avons beaucoup de données sur les espèces marines, les poissons, les crustacés, les mollusques, les planctons… nous en manquons encore sur l’Homme.

On avait déjà détecté des micro ou nano-plastiques dans les océans, les fleuves, les rivières, la neige… Désormais, c’est dans l’air pur des montagnes, au sommet du pic du Midi, à 2 877 mètres d’altitude qu’une équipe de recherche internationale, impliquant des scientifiques du CNRS, vient de confirmer la présence de polymères. Alors, si le plastique est partout, et si notre interdépendance avec les écosystèmes et la santé animale est évidente… que pouvons-nous faire ?

Le but n’est pas de proposer un monde sans plastique. De vivre sans plastique. Car cela ne serait ni possible, ni souhaitable, tant le plastique nous rend aujourd’hui un nombre incalculable de services. L’enjeu, cependant, c’est d’en éradiquer certaines catégories. Comme les plastiques à usage unique. En faisant preuve d’une détermination inflexible. Détermination, dont on espère qu’on l’a aussi dans le sang.

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