A woman holds a placard as Amazon and union workers attend rally outside the company building on April 24, 2022
A woman holds a placard as Amazon and union workers attend rally outside the company building on April 24, 2022
A woman holds a placard as Amazon and union workers attend rally outside the company building on April 24, 2022 ©AFP - KENA BETANCUR
A woman holds a placard as Amazon and union workers attend rally outside the company building on April 24, 2022 ©AFP - KENA BETANCUR
A woman holds a placard as Amazon and union workers attend rally outside the company building on April 24, 2022 ©AFP - KENA BETANCUR
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Résumé

De très grandes entreprises américaines voient, grâce à leurs travailleurs, la création de leur premier syndicat.

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Des décennies de déclin, pour le syndicalisme américain. En 2019, les États-Unis ont connu leur taux de syndicalisation le plus bas. Au total, selon le Bureau des statistiques du travail, seuls 10,3 % des travailleurs américains étaient syndiqués. Soit deux fois moins que dans les années 80.

Et Maintenant ? Un frétillement, un renouveau, un espoir, pour ces travailleurs. Dans un pays où l’anti-syndicalisme des entreprises demeure féroce.

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À Atlanta : des employés d’un magasin d’Apple ont initié la création d’un syndicat. Une première dans ce pays, pour la firme technologique mondiale. À Staten Island : des salariés d’un entrepôt d'Amazon sont parvenus à créer le premier syndicat au sein de l’entreprise, leader mondial du e-commerce. Dans l’État de New York : les travailleurs d’un café Starbucks ont créé le premier syndicat états-unien de la chaîne de cafés. Une dizaine d’autres ont suivi. Mêmes velléités chez Alphabet, maison-mère de Google, où des mouvements syndicaux ont été lancés l’an passé. Donna Kesselman, professeure à l'université Paris Est-Créteil, sociologue du travail, spécialiste des droits sociaux aux États-Unis nous parle de cette vague qui monte.

Une grande vague que l’on appelle le big quit ou grande démission, qui a vu des millions d’américains démissionner de leur poste durant la pandémie. Et a suscité un autre mouvement : le striketober. Soit la mise en grève de 100 000 travailleurs en octobre dernier, une mobilisation inédite depuis les années 70. Car ils ne tenaient plus à sacrifier leur santé, leur bien-être. Et qu’ils ressentaient alors, plus ardemment que jamais, le poids des inégalités. Alors que des entreprises, comme Amazon, avaient obtenu des résultats mirifiques, dont les salariés n’avaient pas profité. Donna Kesselman, co-autrice des Travailleurs des plateformes numériques, un ouvrage accessible en ligne, nous explique que cet élan de syndicalisation pourrait mettre un coup d’arrêt à la crise endémique du syndicalisme américain...

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Alors bien sûr, cette vague peut-elle submerger le pays entier ? Peut-elle recouvrir l’économie de tout le pays, d’autres secteurs que ceux des services ? Difficile à dire.

À Staten Island, les travailleurs d’Amazon ont avancé, gagné, sans aide particulière. Sans soutien logistique et financier d’une grande centrale syndicale, ils se sont appuyés sur du financement participatif, et sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, pour convaincre leurs collègues de la nécessité de créer une structure pour les défendre. En somme, peut-être ont-ils rappelé que l’avenir des mouvements sociaux ne reposerait pas seulement sur des accords nationaux. Mais que les révolutions par le bas étaient encore possibles. Que la renaissance viendrait peut-être de là.

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Références

L'équipe

Quentin Lafay
Production
Vivien Demeyère
Réalisation