Empty chair lift are pictured at the Avoriaz ski resort
Empty chair lift are pictured at the Avoriaz ski resort
Empty chair lift are pictured at the Avoriaz ski resort ©AFP - Jeff Pachoud
Empty chair lift are pictured at the Avoriaz ski resort ©AFP - Jeff Pachoud
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Résumé

Un nouveau courant de pensée se dessine : l’écologie de fermeture. Son principe ? Apprendre à fermer certaines entités, à les démanteler, à les "destaurer", apprendre aussi à "désinnover".

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Que faire des secteurs-zombies, de ces entreprises, ces acteurs, ces lieux, qui polluent et participent à nous approcher de l’abîme ? Que faire de ces reliquats du monde fossile, qui corrodent ce que nous avons en commun ? Ces télésièges fantômes, qui tournent à vide et nous entraînent sur la pente glissante. Ces piscines vides, devenues obsolètes, qui nous tirent vers le fond. Ces avions qui volent sans passager et précipitent notre chute.

Que faire de tous ces éléments ? Aujourd’hui, plusieurs logiques prévalent. Soit on les soutient en les mettant sous perfusion de subventions publiques. Pour leur permettre de survivre, de se transformer, de se réinventer. Soit on leur fait confiance, en misant sur leur responsabilité sociale, et qui est souvent un vernis pour continuer de faire comme si de rien n’était. Soit on les voue aux gémonies, en demandant que ces secteurs cessent séance tenante leurs activités. Sans se soucier de l’impact social, des conséquences sur l’emploi.

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Et Maintenant ? Un nouveau courant de pensée se dessine : l’écologie de fermeture. Son principe ? Apprendre à fermer certaines entités, à les démanteler, à les "destaurer", apprendre aussi à "désinnover". En accompagnant avec soin des secteurs condamnés ou qui nous condamnent. Rémi Noyon, journaliste à l’hebdomadaire l’Obs, auteur d’un reportage sur l’écologie de fermeture, nous explique de quoi il s’agit.

38 min

Cette écologie-là n’est pas seulement théorique. Elle se veut pratique, opérationnelle, pragmatique, et ses auteurs revendiquent de mettre les mains dans le cambouis. Dans le cadre de son reportage, Rémi Noyon les a suivis, accompagnés de leurs étudiants, dans l’exploration de deux stations de ski du Puy-de-Dôme, confrontées aux premiers effets du changement climatique : Le Mont-Dore et Chastreix.

L’ouvrage intitulé Héritage et Fermeture publié en mai 2021, âpre sur la forme, souvent sibyllin sur le fond, a rencontré un certain succès dans les milieux écologistes. Des agences qui s’en inspirent sont sorties de terre. Des cabinets de conseil s’en emparent et revendiquent s’inscrire dans sa droite ligne. Car l’étrangeté de la démarche réside dans l’osmose peu commune entre les codes de l’école de commerce et ceux de l’écologie radicale.

Quel est l’avenir de l’écologie de fermeture ? L’approche a le mérite de poser le débat en termes politiques, d’imposer de faire des choix lucides. Mais en réalité, elle ne s’attaque à rien de moins qu’aux transitions qui n’en sont pas, aux modèles d’affaires, aux taux de rentabilité du capital… En un mot : aux fondements du capitalisme. Sans doute la boutique la plus difficile à fermer.

4 min