Pierre tombale d'Internet explorer en Corée
Pierre tombale d'Internet explorer en Corée
Pierre tombale d'Internet explorer en Corée ©AFP - Kiyoung Jung
Pierre tombale d'Internet explorer en Corée ©AFP - Kiyoung Jung
Pierre tombale d'Internet explorer en Corée ©AFP - Kiyoung Jung
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Résumé

Internet explorer s’est éteint, ou presque, le 15 juin dernier...

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Né en 1995. Maison mère ? Microsoft. Signe distinctif ? Une lettre, un « e », initiale d’exploration, d’exploratoire, d’exponentiel, de couleur bleue venant remplacer la terre. Autour de lui, un cercle jaune, une queue de comète, capable de faire le tour du monde, de faire le tour d’un monde, en une fraction de seconde.

Et maintenant ? Internet explorer s’est éteint, ou presque, le 15 juin dernier. Vous me direz : « On s’en fiche pas mal, en tant qu’usager. Internet explorer a été supplanté… parce que remplacé ; c’est la sainte loi du marché. Internet explorer est mort, vive les autres. » Certes. Mais ayez donc un peu de cœur. Pourquoi ? Parce qu’Internet est un petit peu plus qu’un navigateur. C’est un symbole. Le symbole des prémices, de la toile en train de se tisser et de se chercher, un symbole de la démocratisation du web en extension. Au début des années 2000, le logiciel détenait 95% des parts de marché. En mars 2021, il a atteint moins de 1% de part de marché. Pourquoi ? Explications de Jérôme COLOMBAIN, journaliste spécialisé dans les Nouvelles technologies.

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En quelques années seulement, grâce à la domination sans partage de Windows au début des années 2000, Internet explorer relègue ses concurrents aux marges du marché et remporte ce que l’on appelle : la première guerre des navigateurs. Toutefois, la situation est problématique à plusieurs titres : notamment parce qu’elle portait en elle-même le risque de l’abus de position dominante. Qui a bien failli coûter à Windows le démantèlement entier de l’entreprise.

Et puis la réputation d’Internet explorer n’est pas toute rose. Elle ne plaisait entièrement ni aux développeurs, ni aux utilisateurs. Alors un autre petit est arrivé. Firefox… développé par l’ancien concurrent : Netscape. A l’opposé d’Internet explorer, Firefox est open source. Il contient une tonne de fonctionnalités que son concurrent n’a pas : des onglets, des extensions, des thèmes. En 2005, Firefox a déjà 10% du marché. Là, c’est le début de la fin : Firefox, Chrome et Safari, les uns après les autres, vont tous ringardiser Internet explorer. Aujourd’hui, Chrome, soit Google, détient environ 70% des parts de marché. Il n’empêche : le logiciel reste un symbole. Celui des premières années.

Illustration de ce symbole : un développeur coréen a fait fabriquer une pierre tombale au logiciel. En épitaphe, ces quelques mots : « C’était un bon outil pour télécharger d’autres navigateurs. » Signe que la raison d’être d’un logiciel est sans doute de céder sa place, de mourir pour permettre à d’autres de mieux surgir.

Références

L'équipe

Quentin Lafay
Production
Shirley Adélaïde
Collaboration
Vivien Demeyère
Réalisation