HIROSHIMA BOMB ©AFP - HIROSHIMA PEACE MEMORIAL MUSEUM
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Résumé

L'actualité nous rend tous pessimistes. Quelques éléments pour conjurer ce sentiment et peut-être... pour l'embrasser.

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A vos côtés Guillaume, et dix mois durant, j’ai eu la chance de pouvoir examiner, découvrir et relater certaines transformations, anecdotiques ou profondes, qui traversent notre époque. Et ce qui m’a frappé, au fond, par-delà la réjouissante diversité des sujets abordés, c’est que la chronique du changement, la lecture incertaine de l’avenir, portent au pessimisme. Car à parler de crises à foison, de défis, dont on ne voit toujours pas bien comment on pourrait les relever, de situations, qui se dégradent, et d’acquis, que l’on brade. On risque (comme beaucoup en ce moment, je le sais) de se laisser transporter vers des continents d’inquiétude, de cynisme, d’apathie, de résignation.

Alors, comment conjurer ce pessimisme ? D’abord, en réaffirmant peut-être que le changement, quel qu’il soit, quelles que soient les transformations qui le travaillent, a toujours inquiété, angoissé, alarmé. Illustration avec cette archive de 1977 : extraite de l’émission « Au cœur des choses ». Deux enfants répondent à la question : « avez-vous peur de l’avenir ? ».

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Premières remarques : LE changement inquiète ; quels que soient LES changements à l’œuvre. Deuxième remarque : les thèmes d’inquiétude depuis près d’un demi-siècle demeurent assez stables. Climat, sécurité, technologie, contexte international… Alors pour conjurer le pessimisme, pour faire face à la « permacrise », on peut tenter aussi de relativiser en regardant avant, et en regardant ailleurs. Comme le faisait Yves MONTAND dans ce programme très à côté de la plaque, diffusé sur Antenne 2 en 1984, et intitulé : « Vive la crise. »

La théorie de la relativité, ou solution de Montand, est sans doute efficace pour se convaincre soi-même mais elle porte le risque de l’optimisme béat, résigné lui aussi. Alors, renversons les choses : la solution consiste peut-être à céder au pessimisme. D’abord, parce que nous n’avons pas le choix. Ensuite, parce que la lumière s’y trouve peut-être. Comment ? Eléments de réponse de Claude LEVI-STRAUSS, qui recommandait, le 27 mai 1973, d’être pessimiste pour l’avenir.

Si le pessimisme est un puits sans fond, l’optimisme est une colonne sèche ; il n’a rien, au fond, de plus fécond que son antonyme. Alors : et maintenant, Guillaume ? Choisissons notre église : optons pour un pessimisme tempéré. Car derrière ce sentiment, se dessinent les prémices de l’attention, de l’envie et du besoin de comprendre, les premiers fruits de la passion, de l’amour de l’époque, de l’envie d’y vivre, aussi, de s’y engager, surtout.

Après tout, rassurons-nous : il n’y aura pas de monde nouveau. Seulement un monde à venir. Bon été à tous !

Références

L'équipe

Quentin Lafay
Production
Shirley Adélaïde
Collaboration
Vivien Demeyère
Réalisation