Edvard Munch, "New Snow in the Avenue," 1906, Munch Museum, © Munch Museum/Munch-EllingsendGroup/DACS 2012
Edvard Munch, "New Snow in the Avenue," 1906, Munch Museum, © Munch Museum/Munch-EllingsendGroup/DACS 2012
Edvard Munch, "New Snow in the Avenue," 1906, Munch Museum, © Munch Museum/Munch-EllingsendGroup/DACS 2012
Edvard Munch, "New Snow in the Avenue," 1906, Munch Museum, © Munch Museum/Munch-EllingsendGroup/DACS 2012
Edvard Munch, "New Snow in the Avenue," 1906, Munch Museum, © Munch Museum/Munch-EllingsendGroup/DACS 2012
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Résumé

La totalité des hivers les plus doux depuis 1900 s'est passée au cours des 25 dernières années. Dans le même temps, depuis cette même date, aucun des hivers les plus froids n’a eu lieu au cours des 50 dernières années.

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Longtemps, les images d’Épinal ont représenté l’hiver avec une couleur dominante : le blanc ; le blanc, qui encerclait des silhouettes emmitouflées ; des personnages inquiets du givre et de la glace, de la neige et du froid, qui bouleversaient leurs activités, et les condamnaient durant de longs mois à vivre en intérieur.

Et Maintenant ? Nos hivers ne sont plus les mêmes. Le gris a remplacé le blanc, la pluie s’est substituée à la neige, et le vent a balayé nos souvenirs de grands froids. Ainsi, la totalité des hivers les plus doux depuis 1900 s'est passée au cours des 25 dernières années. Dans le même temps, aucun des hivers les plus froids n’a eu lieu au cours des 50 dernières années. En réalité, nous ne connaissons plus le froid, le grand froid, le véritable, celui d’antan ! Un antan pas si éloigné : comme nous le rappelle Matthieu Sorel, climatologue à Météo France.

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L'évolution de nos perceptions 

Désormais, ces températures nous paraissent hallucinantes, exceptionnelles, sibériennes. Une température de zéro degré durant trois jours : et nous parlons de vagues de froid. Comment se fait-il que nous ayons oublié, déjà, à quoi ressemblait l’hiver du XXe siècle ? Celui même, de la décennie précédente. Dans un excellent article de la revue en ligne Reporterre, François Jobard, météorologue à Météo France, explique que "des études ont montré que notre mémoire climato-météorologique n’allait pas plus loin que les trois à sept dernières années. Ainsi, si les hivers sont de plus en plus doux, nos standards peuvent dévier par rapport à ce qu’ils étaient."

Nos hivers ont changé, et nos perceptions avec. Mais alors à quoi ressemblent, objectivement, nos hivers présents ?

Longtemps aussi, l’hiver a attendu avec crainte, vécu avec peine. Aujourd’hui, plus du tout ! Dans Reporterre toujours, François Walter, auteur d’Hiver, histoire d’une saison, en vient même à expliquer que nous avons assisté à un transfert symbolique entre les deux saisons opposées : l’hiver et l’été. Désormais, c’est l’été et ses canicules, ses chaleurs écrasantes, handicapantes, que l’on attend avec crainte et que l’on vit avec peine. Mais alors, est-ce que l’hiver se meurt ?

Il est étrange de comprendre que l’hiver va nous manquer, alors qu’il est en train de partir. Étrange aussi de réaliser que la douceur perpétuelle n’est pas si enviable. Par dessus tout, le risque le plus grand, est que l’hiver se meurt, disparaisse, sans laisser place au printemps. Il a énormément neigé sur hier, et cela va nous manquer.

À lire : Quand les œuvres d'art nous aident à comprendre le changement climatique

Références

L'équipe

Quentin Lafay
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Anna Pheulpin
Collaboration