Le 25 janvier dernier, l’Assemblée nationale a définitivement adopté une proposition de loi visant à interdire ces pratiques.
Le 25 janvier dernier, l’Assemblée nationale a définitivement adopté une proposition de loi visant à interdire ces pratiques. ©AFP - Christophe ARCHAMBAUL
Le 25 janvier dernier, l’Assemblée nationale a définitivement adopté une proposition de loi visant à interdire ces pratiques. ©AFP - Christophe ARCHAMBAUL
Le 25 janvier dernier, l’Assemblée nationale a définitivement adopté une proposition de loi visant à interdire ces pratiques. ©AFP - Christophe ARCHAMBAUL
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Le 25 janvier dernier, l’Assemblée nationale a définitivement adopté une proposition de loi visant à interdire ces pratiques. Concrètement : le texte inscrit dans le code pénal une nouvelle infraction.

Les thérapies de conversion. C’est-à-dire les pseudos thérapies qui visent à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne. Forgées dans les années 50 aux États-Unis, ces thérapies se sont diffusées en France depuis une trentaine d’années, sous des formes diverses. Des traitements par "hypnose", "hormones" voire "électrochocs", des dérives "religieuses" qui imposent l’abstinence, "l’isolement et l’internement", des séances d’exorcisme, des "viols correctifs"…

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Et Maintenant ? Le 25 janvier dernier, l’Assemblée nationale a définitivement adopté une proposition de loi visant à interdire ces pratiques. Concrètement : le texte inscrit dans le code pénal une nouvelle infraction qui punit "les pratiques, les comportements ou les propos répétés visant à modifier ou à réprimer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, vraie ou supposée, d’une personne." Alors, pourquoi ce texte ? Pour sanctionner plus rapidement, plus efficacement. Pour reconnaître, aussi, ce qui est arrivé aux victimes, ce qu’elles traversent. Pour mieux mesurer, également, un phénomène encore méconnu, comme l’explique Flora Bolter, politiste, ancienne présidente du Centre LGBT de Paris et d’Île-de-France, co-directrice de l’observatoire LGBT+ de la Fondation Jean Jaurès.

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Alors usuellement, il existe 3 approches de ces pratiques prétendument thérapeutiques. D’abord, les pratiques psychothérapeutiques, selon lesquelles l’orientation sexuelle ou l’identité de genre dépendraient de l’éducation et de l’expérience. Ensuite, les pratiques médicales, selon lesquelles l’innée, le biologique et le naturel conditionneraient l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Enfin, les pratiques confessionnelles, selon lesquelles le fait d’être gay, par exemple, résulterait d’un mal, un mal intrinsèque, une punition divine, le produit d’une sombre destinée.

Bien sûr, chacune de ces conceptions possède ses charlatans attitrés, son lot de méthodes humiliantes, son cortège de victimes silencieuses.

"J'avais été diagnostiqué comme possédé par le démon de l'homosexualité." raconte Thomas à Slate. "Jésus va sans doute te guérir de cette homosexualité", raconte Jean-Michel à France Info… "On a vraiment l’impression qu’on va finir maudite en enfer", raconte Stéphanie au Monde. Les trois ont subi l’horreur. Et leurs récits, comme tant d’autres, sont des espaces exigus de souffrances, de traumatismes, d’anxiété, de dépression, perpétuellement couvert de honte…

L’interdiction votée par le Parlement français est un pas important. En Europe, les choses avancent peu à peu. Puisque le Parlement européen a voté, en 2018, un texte appelant les États membres à interdire ces pratiques. Pour l’heure, cependant, seuls quelques pays l’ont transposé, comme Malte, certaines régions d’Espagne, et l’Allemagne, qui a interdit les thérapies de conversion pour les mineurs. Le Royaume-Uni devrait bientôt avancer.

À l’échelle mondiale, cependant, demeure un immense chemin à parcourir. En particulier dans les pays où l’homophobie et la transphobie sont répandues, assumées par le pouvoir. Et où les si mal nommées thérapies de conversion sont même présentées comme des échappatoires, des secondes chances. Pourtant, rappelons l’évidence : ces thérapies fondamentalement cruelles, discriminatoires, dégradantes, ne soignent rien… puisque comme le rappelle un collectif francophone de rescapés de thérapies de conversion… il n’y a rien à guérir.

L'équipe

Quentin Lafay
Quentin Lafay
Quentin Lafay
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Anna Pheulpin
Collaboration